Chefs-d’œuvre romans de Saint-Martial de Limoges

Le 28 janvier 2020, par Sophie Reyssat
Statuette d’ange montée en reliquaire, Limoges, 1120-1140, musée des beaux-arts de Limoges, (dépôt de la commune de Saint-Sulpice-les-Feuilles).
© ville de Limoges – Laurent Lagarde

Bien que cette exposition, organisée en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, ne compte qu’une quarantaine d’œuvres, il n’en faut pas plus pour prendre la mesure du rayonnement intellectuel et artistique de l’abbaye Saint-Martial. Son âge d’or, entre les Xe et XIIe siècles, est principalement évoqué par quatorze précieux manuscrits de son scriptorium, des émaux champlevés et des chapiteaux sculptés miraculeusement retrouvés. En parallèle de leur présentation, trois espaces didactiques rappellent les techniques utilisées pour ces types de créations. En introduction, une frise chronologique retrace l’histoire de l’abbaye, édifiée il y a mille ans pour accueillir les pèlerins venus rendre hommage aux reliques de saint Martial – premier évêque de la ville au tournant du IVe siècle –, et ceux profitant de cette étape sur la route de Saint-Jacques de Compostelle. Le rapprochement des œuvres met en lumière l’effervescence artistique suscitée par l’abbaye. Les palmettes des enluminures –harmonieux mariage de l’influence clunisienne et du style aquitain – sont reconnaissables dans les ornements sculptés, tandis que leur vive polychromie, attestée sur les chapiteaux, et les fresques trouvent également leur écho dans l’émail chatoyant des châsses et des plats de reliures. Tous les arts sont mis au service de la spiritualité, dont la musique est un interprète de premier plan. À défaut de déchiffrer les notes des tropaires, les visiteurs pourront écouter des airs faisant revivre le souvenir de la basilique du Sauveur. Démantelée à la Révolution, l’abbaye ne subsiste plus que par ses fondations, en partie enfouies sous la place de la République. Menées entre 2014 et 2016 dans le cadre de son réaménagement, les fouilles font revivre Saint-Martial de Limoges. Un film retrace cette aventure archéologique, qui se poursuivra cet été.

Musée des beaux-arts,
1, place de l’Évêché, Limoges (87), tél. 
: 05 55 45 98 10.
Jusqu’au 24 février 2020.
museebal.fr
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