Chamberlain in Paris chez Karsten Greve

Le 04 février 2020, par Alain Quemin
John Chamberlain (1927-2011), Kiss #12, 1979, acier peint, 76 78,5 68,5 cm.
Courtesy of Galerie Karsten Greve Köln Paris St. Moritz, Photographe : Charles Duprat, Paris

Aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands sculpteurs de la seconde moitié du XXe et du début du XXIe siècle, l’artiste américain John Chamberlain a créé de la fin des années 1950 jusqu’à sa disparition il y a huit ans. L’exposition de la galerie Karsten Greve se concentre sur une période plus restreinte, de 1967 à 1995, avec un focus sur 1989 et le tout début de la décennie 1990. Comme on peut s’y attendre, la sculpture en métal est à l’honneur, avec des pièces magnifiques : elles illustrent bien la volonté de leur auteur d’exploiter tant les volumes que la couleur. Une œuvre de taille moyenne, évoquant un bidon compressé, marie harmonieusement des tons roses, lie de vin et paille. On retrouve ici ce que l’on connaît le mieux du travail de Chamberlain. Toutefois, l’exposition vaut également par le regard renouvelé qu’elle pose sur les domaines qu’il a investis. En effet, la présentation s’accompagne de quelques œuvres sur papier – pastel et vernis, acrylique, technique mixte – et d’un nombre important de photographies. Datant essentiellement de 1989, celles-ci prolongent admirablement le corpus en volume de l’artiste. Dans des formats généralement horizontaux, Chamberlain crée des déformations d’images qui suggèrent le mouvement. Comme dans les sculptures, son intervention fait passer de la figuration, qui caractérisait les matériaux initiaux, à l’abstraction induite par le travail artistique. La scénographie, aérée, convient bien à une œuvre visuellement riche. Et la dernière salle réserve une superbe surprise.

Galerie Karsten Greve,
5, rue 
Debelleyme, Paris IIIe, tél. : 01 42 77 19 37.
Jusqu’au 18 mars 2020.
www.galerie-karsten-greve.com

 
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