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Centre Pompidou : Shirley Jaffe. Une Américaine à Paris

Publié le , par Henri Guette

Décédée en 2016 à l’âge de 92 ans, Shirley Jaffe bénéficie au Centre Pompidou de sa première rétrospective. Figure de la vie artistique parisienne et référence de la peinture abstraite au tournant du XXIe siècle, elle laisse par dation au musée un bel ensemble d’œuvres, mises dans la perspective d’une chronologie. L’Américaine,...

Shirley Jaffe (1923-2016), Sans titre (Little Matisse), 1968, 119,5 x 91,2 cm, huile... Centre Pompidou : Shirley Jaffe. Une Américaine à Paris
Shirley Jaffe (1923-2016), Sans titre (Little Matisse), 1968, 119,5 91,2 cm, huile sur toile.
Centre Pompidou, MNAM-CCI / Audrey Laurans Dist. RMN – Grand Palais

Décédée en 2016 à l’âge de 92 ans, Shirley Jaffe bénéficie au Centre Pompidou de sa première rétrospective. Figure de la vie artistique parisienne et référence de la peinture abstraite au tournant du XXIe siècle, elle laisse par dation au musée un bel ensemble d’œuvres, mises dans la perspective d’une chronologie. L’Américaine, qui aimait rappeler avoir découvert Jackson Pollock à Paris, s’inscrit à ses débuts dans le courant expressionniste abstrait et se lie d’amitié avec Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle. Remarquée par le galeriste Jean Fournier, qui la soutient et l’expose, elle ne cesse de se réinventer et d’ouvrir des voies, notamment pour les acteurs de l’art concret en France, ce que rappelle bien cet accrochage synthétique qui marque un point intéressant d’historiographie. À la fin des années 1960, l’artiste entre dans les collections publiques et amorce un tournant, passant d’une gestualité exacerbée à un travail d’aplats colorés, et développant tout un vocabulaire plastique sur lequel le propos revient avec beaucoup de pédagogie. Marcheuse attentive aux métamorphoses de la ville – comme le chantier de la gare Montparnasse –, l’enfant du New Jersey ayant grandi à Brooklyn trouve ses motifs dans l’observation et la vie qui l’entoure, ce que démontrent les documents d’époque sans l’appuyer. L’exposition retrace intelligemment son processus créatif, à la fois grâce à un reportage que le musée commanda en 2008 et par la monstration des dessins préparatoires de l’artiste. Dans ces bristols couverts de formes et d’une écriture serrée, on retrouve une exigence de la composition et le souci du blanc. Marquée par la représentation de l’espace dans les estampes japonaises ou chez les Primitifs italiens, Shirley Jaffe affirme que l’objet de sa recherche est la tension. Un état que l’on retrouve jusque dans ses cartons à tapisserie et à vitraux, rarement montrés jusqu’ici, quand elle cherche à faire sortir la peinture de ses figures imposées.

Centre Pompidou,
place Georges-Pompidou, Paris 
IVe, tél. : 01 44 78 12 33,
Jusqu’au 29 août 2022.

www.centrepompidou.fr
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