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Célèbre au XVIIe siècle, le méconnu François Perrier

Publié le , par Anne Foster
Vente le 04 juillet 2018 - 14:30 (CEST) - Salle 7 - Hôtel Drouot - 75009

Cet artiste, un des «douze anciens» de l’Académie des beaux-arts, fondée en 1648, a été reconnu tant en Italie, où il effectua deux longs séjours, qu’en France où une partie de son œuvre fut détruite lors de la Révolution et de la Commune.

François Perrier (1594-1649), Hercule et Omphale, huile sur toile, 98 x 135 cm, p. 48 cm.... Célèbre au XVIIe siècle,  le méconnu  François Perrier
François Perrier (1594-1649), Hercule et Omphale, huile sur toile, 98 x 135 cm, p. 48 cm.
Estimation : 150 000/180 000 €

Une femme nue, revêtue d’une peau de lion, retient d’une main une massue, et tend de l’autre une quenouille ; un amour prend à témoin le spectateur. Si ces indices ne vous permettent pas d’identifier avec certitude le thème du tableau, la présence, aux côtés de cette belle à la carnation nacrée, d’un homme, couronné de fleurs, une robe repliée sur les hanches, chaussant une sandale, en donne le sujet : Hercule et Omphale. La composition relate la légende rapportée par Ovide dans ses Héroïdes, concernant ses amours avec la reine de Lydie. L’auteur des Métamorphoses fait écrire Déjanire dans l’Épître IX adressée à Hercule, lorsqu’elle vient d’apprendre sa mort : «Sa main a touché la massue qui dompta les bêtes féroces, et elle a vu dans une glace l’armure de son époux», scène que François Perrier a reprise dans ce tableau. Le peintre avait une grande connaissance de ces mythes antiques, amassée dès son premier voyage romain, vers 1625, et lors de son séjour d’une dizaine d’années. Recevant de nombreuses commandes, il trouva le temps de dessiner et graver pour «les Recueils des statues antiques des bas-reliefs antiques et des fresques de la Farnesine, soit en tout 170 planches dont 101 parurent avec la date de 1638 et 55 avec la date de 1645», écrit Jacques Thuillier (in Revue de l’art, 1993, n° 99, «Les dernières années de François Perrier [1646-1649]»). Il put aussi contempler à loisir la décoration d’Annibal Carrache pour le palais Farnèse où trois œuvres s’inspirent de la légende d’Hercule. On sait aussi que Perrier rapporta de Rome des tableaux  ou des copies  des Carrache, dont on retrouve les manières dans cette composition présentée prochainement. Une composition en frise, une touche nerveuse, une matière lisse et une palette de tons dissonants  du vert bronze du voile de la servante d’Omphale au rouge rosé de l’écharpe virevoltant au-dessus d’une draperie orangée ceignant le corps dansant de la jeune fille. Le tragi-comique de cette situation avait séduit les peintres comme Cranach, Rubens et Pierre de Cortone ; Boucher en donna même une version plus érotique. Cette toile, apparue sur le marché parisien dans les années 1990, prêtée au Fogg Art Museum d’Harvard University (Cambridge, Massachussetts) de 2002 à 2007, a été peinte probablement en 1646, à son retour à Paris, et y développe un sens de l’expression particulier, qui dynamise la scène. Il suffit de regarder le visage presque fardé d’Hercule pour s’en convaincre. Illustration du mépris de Déjanire relaté par d’Ovide : «Tu es d’autant plus au-dessous d’elle, ô le plus grand des mortels ! qu’il lui était plus glorieux de te vaincre que ceux que tu as vaincus.»

mercredi 04 juillet 2018 - 14:30 (CEST) - Live
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