Carlos Cruz-Diez

Le 26 août 2019, par Etienne Rey

Le Vénézuélien naturalisé français, pionnier de l’art cinétique et de l'op art, nous a quitté paisiblement le 27 juillet, d’une mort naturelle. C’est à Paris, dans sa ville adoptive, qu’il s’est éteint à l’âge de 95 ans.

 
© Photo Atelier Cruz-Díez, Paris, France, 2018 © ADAGP, Paris 2019

Après de brillantes études d’arts, grâce à une maitrise parfaite de l’académisme, il commence sa carrière comme illustrateur de presse. Talentueux, il est propulsé dès 1946 – soit seulement deux ans après l’obtention de son diplôme – directeur artistique de l’agence publicitaire McCann-Erickson à Caracas. C'est dans la même ville qu'est organisée l'année suivante sa première exposition personnelle à l'Instituto Venezolano-Americano. Lors d'un voyage à Paris en 1955, Carlos Cruz-Diez se rend à la galerie Denise René et y découvre Vasarely, Calder, Duchamp et son compatriote Soto, au sein de l’exposition Le Mouvement. Le séjour fait office de déclic. Cinq ans plus tard, il s’installe définitivement dans la capitale française qu'il considérait comme la « Mecque » de l’art.

En avril dernier, à l’occasion de la visite de son atelier parisien par la Gazette, il expliquait « vouloir débattre avec les gens de la planète qui étaient alors dans la capitale », à l'image de Vasarely, dont il avait pu contempler l’Hommage à Malevitch à l’université de Caracas. Un débat fertile donc, dans la mesure où il n’a cessé de repousser les limites chromatiques, mettant volontiers à profit les dernières évolutions technologiques ou imaginant par lui-même les outils nécessaires à ses recherches, jusqu'à très récemment.

Après l'annonce de sa mort, les hommages se sont multipliés à l’instar de celui d'un de ses proches, l'artiste Adel Abdessemed, qui exprimait sa peine en ces mots : « Au revoir mon camarade de route ».

Durant une carrière qui aura duré presque 70 ans, Carlos Cruz-Diez aura fondé trois ateliers (à Paris, Caracas et Panama), exposé 22 fois en solo, réalisé 14 intégrations architecturales – deux en France, dont une Physichromie double face à Paris, place du Venezuela, et quatre dans son pays natal – et reçu 17 prix et décorations – il fut nommé en 2002 au très prestigieux grade de commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.

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