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Cannes sous le regard d’un Foujita hiératique

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 13 août 2022 - 10:30 (CEST) - Grand Hyatt Cannes Hôtel Martinez, 73, La Croisette - 06400 Cannes

Le maître de Montparnasse entraînait vers les sommets le rendez-vous estival, accompagné de Combas, de Sam Francis, de gemmes de poids et de vins d’exception.

Tsuguharu Foujita (1886-1968), Jeune femme au voile, vers 1950, gouache, aquarelle... Cannes sous le regard d’un Foujita hiératique
Tsuguharu Foujita (1886-1968), Jeune femme au voile, vers 1950, gouache, aquarelle et encre de Chine sur papier recouvert de feuilles d’or, signée, 23 17,5 cm.
Adjugé : 133 000 

Caractéristique de la production du Tsuguharu Foujita des années d’après-guerre, imprégnée de l’art de la Renaissance, cette Jeune femme au voile a orné la couverture de notre n° 27 (voir l'article Entre sacré et profane, Foujita crée une icône). L’œuvre réalisée à la gouache (23 17,5 cm) devait être la plus convoitée lors de cette session du 15 août, décrochant pas moins de 133 000 €, à partir d’une estimation haute de 80 000 €. Changement radical d’atmosphère avec la toile suivante à l’acrylique, marouflée, de Robert Combas, où éclatent couleurs vives et cernes épais, au service d’un univers onirique ; elle porte le titre d’un célèbre air d’opérette : L’Amour est un bouquet de violettes (98 150 cm). La composition de 1986 récoltait 106 700 €. Autre monstre sacré de l’époque contemporaine, dans la catégorie «abstraction», Sam Francis était l’auteur d’Untitled, un acrylique sur papier vélin signé, daté, situé au verso « Sam Francis 1976 Los Angeles » (75 54,5 cm). Provenant de la succession de l’artiste et portant le numéro « SF76-197 » dans les Archives du « Sam Francis Estate», l’œuvre a inscrit 48 950 €. En revanche, les quatre Monkey (Toy Painting) d’Andy Warhol (voir l'article Andy Warhol : un bestiaire très ludique de la Gazette n° 29, page 32) n’ont pas trouvé preneur. On remontait ensuite au début du XXe siècle, avec un bel ensemble de paysages avant-gardistes, tel Paris, le pont Marie brossé sur toile autour de 1929 par Charles Camoin (46 55 cm), parti à 32 630 €. Du même, on pouvait aussi décrocher une peinture plus ancienne puisque de 1908, Le Maquis (54 65 cm), contre 30 100 €. Dans le catalogue raisonné établi par Danièle Giraudy, elle porte le n° 104. Le mardi 16 août, place à la haute joaillerie et à des réalisations d’exception, telle une bague en or blanc sommée d’un diamant accusant 8,23 ct, une couleur I et de pureté VS2 (poids brut : 8,31 g), et nécessitant 131 800 €. Puis 69 000 € récompensaient une bague en or jaune sertie d’un diamant de forme carrée de 3,01 ct, de couleur D, et de pureté VVS1.
 

Robert Combas (né en 1957), L’Amour est un bouquet de violettes, 1986, acrylique sur toile marouflée sur toile, signée et datée, 98 x 150 
Robert Combas (né en 1957), L’Amour est un bouquet de violettes, 1986, acrylique sur toile marouflée sur toile, signée et datée, 98 150 cm.
Adjugé : 106 700 

La Jaguar Type E cabriolet Phase III, sortie des ateliers du constructeur britannique de 1971 à 1975, s’est vendue à 7 990 exemplaires. Ce
La Jaguar Type E cabriolet Phase III, sortie des ateliers du constructeur britannique de 1971 à 1975, s’est vendue à 7 990 exemplaires. Cette voiture, qui avait été achetée par son dernier propriétaire cannois en 2001, développe 272 cv grâce à son moteur V12 ; soigneusement entretenue depuis son acquisition, repeinte en 2010 couleur noire, elle attirait cette fois 82 850 €. Dans sa roue, se détachait aussi une Alfa Romeo Giulia Spider 1600, de Type 10123, fabriquée à 9 250 exemplaires entre 1962 et 1966 ; elle recevait 61 500 €.
Deux jours de ventes, les samedi 13 et dimanche 14 août, ont été nécessaires pour épuiser un catalogue comptant 1 800 lots de vins rares e
Deux jours de ventes, les samedi 13 et dimanche 14 août, ont été nécessaires pour épuiser un catalogue comptant 1 800 lots de vins rares et renommés. Recherchés désormais à travers le monde, les crus bourguignons s’alignaient derrière neuf bouteilles du domaine de la Romanée-Conti, du millésime 2009, acquises pour 47 615 €, alors qu’une bouteille de même origine, mais de 2010, a été vendue 29 760 €. Cinq bouteilles de charmes-chambertin «vieilles vignes» de 2000, par Jacky Truchot, méritaient quant à elles 24 800 €.

L’art du grand Eugène Boudin (1824-1898) était aussi à portée avec cette Marine, soleil couchant, une huile sur panneau brossée vers 1885-
L’art du grand Eugène Boudin (1824-1898) était aussi à portée avec cette Marine, soleil couchant, une huile sur panneau brossée vers 1885-1890 (27 22 cm) et adjugée ici 43 900 €. Elle bénéficiait d’un parcours choisi : achetée à l’artiste 200 francs par la galerie Durand-Ruel, elle passa par la suite par l’Hôtel Drouot, le 11 février 1901, lors de la vente Feydeau (n° 5) où elle fut adjugée 1 020 francs. Dans le catalogue raisonné par Robert Schmit, signalons qu’elle est répertoriée sous le numéro n° 2028, dans le tome II.
Le plus spectaculaire des bijoux proposés le mardi 16 août s’est révélé cette bague surmontée d’un diamant rose de 8,07 ct, qualifié de «V
Le plus spectaculaire des bijoux proposés le mardi 16 août s’est révélé cette bague surmontée d’un diamant rose de 8,07 ct, qualifié de «Very Light Orangy Pink» et disputé jusqu’à 178 200 € (voir Gazette n° 29, page 78). Il possède la particularité d’être de «Type IIa» : rappelons que seulement 2 % des diamants dans le monde sont à ranger dans cette catégorie, où l’on trouve des pierres ne contenant pas d’azote et où le carbone est la seule dominante, en l’absence de l’élément chimique appelé « bore ».
samedi 13 août 2022 - 10:30 (CEST) - Live
Grand Hyatt Cannes Hôtel Martinez, 73, La Croisette - 06400 Cannes
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