Brexit : quel impact sur le marché ?

Le 17 décembre 2020, par Agathe Albi-Gervy

Le Royaume-Uni quittera définitivement l’Union européenne le 31 janvier 2021, à minuit. La période de transition parvient à son terme le 31 décembre, mais à deux semaines de l’échéance, aucun accord commercial n’a pu être trouvé.

 

De toute façon, accord ou non, le Brexit aura lieu. Quelles conséquences affecteront le marché dès le 1er janvier ? Aujourd’hui, l’Europe bénéficie de la fiscalité britannique à taux bas pratiquée sur les importations de biens artistiques, qui fait du pays insulaire une sorte de porte d’entrée des œuvres d’art en provenance de pays extérieurs à l’Union. Il est en effet possible d’importer au Royaume-Uni une œuvre achetée, par exemple, aux États-Unis, en s’acquittant d’une TVA de 5 – un taux plus bas que celui pratiqué dans la plupart des pays de l’U.E. –, et de la transporter par la suite dans d’autres pays européens sans payer de taxe supplémentaire. Les particuliers ne sont pas les seuls jouisseurs d’un tel avantage : marchands et galeristes britanniques sont aussi attachés à cette TVA de 5 %, dont ils peuvent même répercuter le coût sur leurs clients. Si Londres décide de la baisser encore davantage, le Vieux Continent pourrait en souffrir… à moins de s’aligner. L’avancée des négociations à la mi-décembre ne permet cependant guère de se figurer quel régime sera appliqué à partir du 1er janvier prochain, après le rétablissement des contrôles douaniers. Les collectionneurs devront certainement faire face aux inévitables ralentissements de circulation des biens entre Europe et Angleterre, et justifier par une documentation la provenance et les déplacements de leurs œuvres. Aussi l’avocate Louise Williamson, interrogée par le magazine The Art Newspaper, conseille-t-elle aux collectionneurs et marchands, prévoyant des transports d’œuvres dans l’un ou l’autre sens, de les mener à bien avant 2021.

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