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Brancusi à Bozar

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Pour le 50e anniversaire d’Europalia, Bozar invite la Roumanie autour du plus célèbre de ses enfants, Constantin Brancusi. Vingt-quatre ans que cette figure clé de l’art du XXe siècle n’avait pas bénéficié d’une importante rétrospective, il était temps ! Ses œuvres phares ont toutes été conviées, de Léda, sa préférée, à...

Constantin Brancusi (1876-1957), Prométhée, 1911.  Brancusi à Bozar
Constantin Brancusi (1876-1957), Prométhée, 1911.
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, dist. RMN-Grand Palais Adam Rzepka, Sabam Belgium, 2019

Pour le 50e anniversaire d’Europalia, Bozar invite la Roumanie autour du plus célèbre de ses enfants, Constantin Brancusi. Vingt-quatre ans que cette figure clé de l’art du XXe siècle n’avait pas bénéficié d’une importante rétrospective, il était temps ! Ses œuvres phares ont toutes été conviées, de Léda, sa préférée, à la Muse endormie, son icône, en passant par Le Baiser, Mademoiselle Pogany ou Prométhée ; elles rythment un parcours chrono-thématique très structuré, au long duquel se croisent les noms, les visages et les œuvres de quelques amis artistes, Erik Satie, Fernand Léger, Marcel Duchamp ou Amedeo Modigliani. Tout contribue à un constat : Brancusi n’était pas que ce créateur solitaire, dont il a soigneusement cherché à écrire la légende par de nombreux clichés interrogeant son visage et son travail dès le début des années 1920, mais un homme inscrit dans son époque, influençant les uns et s’enrichissant des autres. Et voilà bien l’intérêt novateur de cette présentation. Replacer l’artiste roumain dans l’effervescence artistique de la première moitié du XXe siècle, insister sur le premier passage dans l’atelier de l’académicien Antonin Mercier, où il s’ennuie  «mon travail traînait en longueur tandis que je regardais le corps vivant de l’homme et ma sculpture inerte»  mais qui lui ouvre les portes du Salon, des premiers succès et de Rodin. Il ne passera que trois mois auprès du maître car «il ne pousse rien à l’ombre des grands arbres». 1907 est l’année de la rupture : plus de modèle, plus de modelage, place à la taille directe et à l’essence de la forme. Brancusi se veut intercesseur, capable de révéler au sein du matériau qu’il utilise «l’essence cosmique de la matière», percevant par avance la présence de la sculpture. Les critiques seront violentes, à la hauteur de leur incompréhension, mais il ne lâche rien, livre l’ovale parfait d’une muse et l’envol de l’oiseau et fait de son atelier un lieu d’art total. En fin de parcours, maquettes et photographies anciennes dévoilent la genèse de la Colonne sans fin, installée dans le parc de Târgu Jiu, comme une invitation à aller plus loin.

Bozar, Palais des beaux-arts,
23, rue Ravenstein, Bruxelles, tél. : +32 2 507 83 36
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Jusqu’au 12 janvier 2020. 
www.bozar.be
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