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Boznanska et Biegas, les âmes polonaises

Le 13 décembre 2018, par Sophie Reyssat

Les Polonais ont largement contribué au succès de cette vente, en bataillant pour emporter les œuvres de leurs compatriotes, Olga Boznanska et Boleslas Biegas. Près de quinze téléphones étaient en lice, et les amateurs déçus ne n’avoir pu acquérir la Femme à la blouse blanche reportaient leurs espoirs sur le plâtre de La…

Boznanska et Biegas, les âmes polonaises
Boleslas Biegas (1877-1954), La Pensée créatrice, vers 1912-1913, plâtre original, non édité, signé sur la plinthe, h. 220 cm (petits accidents).
Adjugé : 63 240 €

Les Polonais ont largement contribué au succès de cette vente, en bataillant pour emporter les œuvres de leurs compatriotes, Olga Boznanska et Boleslas Biegas. Près de quinze téléphones étaient en lice, et les amateurs déçus ne n’avoir pu acquérir la Femme à la blouse blanche reportaient leurs espoirs sur le plâtre de La Pensée créatrice. Il est vrai que l’œuvre d’Olga Boznanska a été mise en lumière par le Musée national de Varsovie, qui lui a consacré une rétrospective en 2015. Considérée comme une artiste majeure pour l’histoire de l’art polonais, elle annonce les débuts de l’impressionnisme dans ses peintures, où la touche s’émancipe des contours.
 

Olga Boznanska (1865-1940), Femme à la blouse blanche, 1905, huile sur carton, datée et signée, 68 x 53 cm (accidents et manques). Adjugé : 104 160 €
Olga Boznanska (1865-1940), Femme à la blouse blanche, 1905, huile sur carton, datée et signée, 68 x 53 cm (accidents et manques).
Adjugé : 104 160 €


Après s’être formée à Cracovie, sa ville natale, puis à Munich, la jeune franco-polonaise désire rejoindre Paris, où tout se joue alors. Le succès de l’exposition personnelle que lui consacre Georges Thomas dans la capitale, en 1898, emporte sa décision. Elle s’installe à Montparnasse l’année même, voyant les portes des collectionneurs s’ouvrir grâce au galeriste qui soutient son travail. Son talent de portraitiste, dont témoigne cette œuvre où la tension émotionnelle est palpable, peut dès lors s’épanouir. Le fond de la composition s’efface pour laisser surgir le personnage. L’espace, devenu irréel, crée les conditions idéales à l’expression de l’âme, mise à nu par l’artiste. À ce portrait tout en psychologie et en force expressive, Boleslas Biegas oppose ses effigies quasi surhumaines. Le visage émacié et étiré de son allégorie de la Pensée (voir page de gauche), dont les yeux perçants sont semblables à des fentes, est à rapprocher de l’effigie du Sphinx, un autre plâtre réalisé dix ans plus tôt, en 1902, et désormais conservé au musée d’Orsay, à Paris. Dans la section sculpture, profitons-en pour signaler les 38 440 € obtenus par La France, un bronze exécuté par les frères Montagutelli entre 1912 et 1919, portant la signature d’Auguste Rodin. Le maître a choisi les traits de Camille Claudel comme allégorie de son pays. 

tableaux, mobilier et objets d'art, sculptures, bronzes
mardi 04 décembre 2018 - 14:15 (CET)
77, rue Cauchoix - 95170 Deuil-la-Barre-Montmorency
Valérie Régis - HDV de la Vallée de Montmorency
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