Bourgogne Tribal Show, un modèle convivial et gagnant

Le 05 juin 2019, par Stéphanie Pioda

Pour sa quatrième édition, cette manifestation un peu à part élargit ses horizons et réussit à toucher des acheteurs qui ne fréquentent pas forcément les salons.

Un couvercle de coupe cérémonielle dogon du XVIIIe siècle ou antérieur, proposé au Bourgogne Tribal Show par la galerie Guilhem Montagut.

Moins de 2 000 visiteurs. Ce qui pourrait sembler peu pour un événement comme le Parcours des mondes (autour de 10 000), ou pour toute autre foire emportée par la course à la fréquentation, constitue ici un bon chiffre. À Besanceuil, en pleine campagne bourguignonne, à une vingtaine de minutes de Cluny, le Bourgogne Tribal Show a pris place, du 30 mai au 2 juin, chez le galeriste d’art contemporain Bruno Mory : une vaste demeure où plusieurs granges aménagées accueillaient les vingt-trois galeries de cette quatrième édition, dont neuf nouvelles parmi lesquelles Patrik Fröhlich, Furstenberg, Max Rutherston Ltd, Sisi Tatu. Le pari ? «Changer les habitudes, extraire les salons des villes et échapper à la concurrence des foires», pointe Julie Arnoux, la co-organisatrice, tout en misant sur des enseignes de qualité et des visiteurs ciblés. Cette année, ils viennent de Beaune, de Lyon, de Suisse, d’Italie ou de Belgique, attirés en partie par l’exposition organisée à l’abbaye de Cluny  où Coco Fronsac intègre une sélection d’œuvres de ces galeries dans son univers surréaliste. Mais «on ne les voit ni à Paris ni sur les autres salons», précise Julien Flak. Les organisateurs ont également fait venir des amateurs de la côte ouest américaine, autour des collectionneurs Sharon et Sam Singer, présidents d’honneur de cette édition.
Promesse tenue
Si ce salon a construit son identité première autour des arts africain, océanien, amérindien et asiatique, il a rapidement joué la carte de l’ouverture et de l’éclectisme, avec l’introduction de l’archéologie méditerranéenne (Laura Bosc de Ganay et Jean-David Cahn), de l’art aborigène (Stéphane Jacob) et de la Haute Époque (galerie Sisman). On découvre ainsi un cabinet de curiosités étonnant, où se percutent avec bienveillance une sculpture lobi (Burkina Faso) aux bras ouverts en signe de protection (galerie Adrian Schlag), des sujets religieux (galerie Sisman), de rares effigies korwar de Papouasie (galerie Laurent Dodier), une déesse khmère (galerie Michael Woerner) ou des vanneries tutsies (Serge Le Guennan)... «Un sympathique mélange des genres en un parcours harmonieux amenant à la contemplation», selon Stephane Jacob. «La promesse d’une expérience différente tenue», pour Julien Flak, grâce à laquelle «on retrouve l’univers des arts primitifs d’il y a une vingtaine d’années, en recréant un lien de passion entre collectionneurs et galeristes». Ici, on vient pour prendre le temps, dans une ambiance conviviale et détendue. La fourchette de prix était assez large : entre 150 et 150 000 €. On notait un engouement pour les poupées kashina (Julien Flak en a vendu huit, entre 2 000 et 15 000 €) ou les peintures d’Abie Loy Kemarre (succès chez Stéphane Jacob, entre 3 000 et 24 000 €), dont une œuvre a été acquise récemment par le Metropolitan Museum of Art de New York. Lors de la clôture le 2 juin, Julie Arnoux était très satisfaite : «Tous les marchands sont heureux, il s’agit sans doute d’une des meilleures éditions !» 

à voir
«Coco Fronsac. Idoles», abbaye de Cluny, jusqu’au 28 juillet.
www.tribal.show
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