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Bienvenue au château de la Chevalerie

Publié le , par Christophe Provot

Ce château du XVe siècle remanié au XIXe possède une histoire riche et variée, à l’image de son contenu mis à l’encan les 23 et 25 juillet prochains.

La chambre aux fleurs avec, au fond, une commode d'époque Louis XVI estampillée de... Bienvenue au château de la Chevalerie
La chambre aux fleurs avec, au fond, une commode d'époque Louis XVI estampillée de François Reizell (2 500/3 500 €)

C’est au cœur de la Sarthe, dans la province historique du Maine, que se situe le petit village de Parigné-le-Pôlin, riche de 1 073 âmes. Sise à 20 kilomètres du Mans et à proximité d’autres villages aux noms pittoresques – comme Guécélard ou Cérans Foulletourte (ça ne s’invente pas) –, la commune bâtie sur le flanc d’un plateau culminant à 111 mètres se distingue par son riche patrimoine. Ainsi peut-elle s’enorgueillir de posséder une église remarquable, un lavoir et… trois châteaux ! Celui de Montertreau (XIXe siècle), privé, ne se visite pas, tandis que celui des Perrais – plus ancien puisque remontant au XVIIe siècle – abritait jusqu’en 2015 l’Institution Saint-Michel des Perrais, établissement d’enseignement catholique qui vit passer sur ses bancs quelques illustres pensionnaires, tels Olivier de Kersauson ou François Fillon. Voilà pour le décor. Mais le château qui nous intéresse est le troisième, celui de la Chevalerie.

Un patrimoine familial
Propriété privée, le château de la Chevalerie trouve ses fondations au XVe siècle, quand il fut bâti en 1434 par Jean de la Cellerie. Ce dernier eut une fille, qui épousa le baron Jean des Escotais – issu d’une famille dont les membres occupèrent des charges importantes, comme gentilhomme de la Chambre du roi, lieutenant-général et maréchal de camp – et lui donna une fille unique, qui épousa plus tard un membre d’une noble famille d’Anjou et de Bretagne, les De Broc. Depuis, le domaine est resté dans la descendance – le château familial des Perrais fut quant à lui vendu en 1946 – jusqu’à aujourd’hui. À la fin du XIXe siècle, le marquis de Broc, grand-père de l’actuel propriétaire, entreprit d’importants travaux, complétés en 2013 par ceux de son petit-fils. Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, au sommet de son activité, le château employait plus de quatre-vingts personnes. Cette histoire riche et ancienne se retrouve dans le mobilier dispersé, en près de 700 lots, sur deux jours. Comme il est de coutume dans les grandes demeures de ce type, les meubles occupent une place de premier plan. Ainsi aurons-nous le loisir d’hésiter entre un «Buffet à pierre» en noyer (105 104 70 cm) sculpté de rinceaux et feuillages et au dessus en pierre de Saint-Cyr à bec de corbin et cavet – un travail lyonnais du XVIIIe siècle estimé 4 000/ 6 000 € —, un important billard américain et français (78 160 290 cm) à six pieds tournés en balustre, accompagné de ses cinq queues et dix-neuf boules (2 000/5 000 €), ou encore une commode à façade à ressaut (95 129 69 cm). En placage de bois de rose et amarante et à dessus de marbre brèche, celle-ci est estampillée François Reizell – reçu maître en 1764 – et JME (2 500/3 500 €). Les souvenirs familiaux sont bien sûr nombreux, comme en attestent les portraits des aïeux, marquis et marquises de Broc (compter 100/200 € et jusqu’à 800/1 200 €). Pratique rare en France, cette house sale nous offre une plongée dans l’intimité et l’histoire d’une famille de la noblesse française.

samedi 23 juillet 2022 - 14:15 (CEST) - Live
- 72330 Parigné le Polin
Beaussant Lefèvre & Associés ,
Cyril Duval Enchères
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