Beaux-Arts de Paris : À l’école de l’antique : Poussin, Géricault, Ingres…

Le 12 novembre 2019, par Philippe Dufour
Théodore Géricault, Cortège de Silène, vers 1816-1817, mine de plomb, encre, lavis de sanguine et aquarelle.
© Beaux-Arts de Paris

C’est un grand thème classique que le cabinet Jean Bonna, ambitieux, a choisi d’explorer dans son écrin très intimiste : dessiner d’après l’antique. Le défi a été relevé avec éclat, en s’appuyant sur une trentaine de feuilles portant les signatures des plus grands artistes français, et issues de la collection des Beaux-Arts de Paris. Tous ont pratiqué l’exercice, alors incontournable, à partir des sculptures gréco-romaines collectées depuis la Renaissance, mais aussi de moulages et de recueils de gravures. À Rome, dès le début du XVIIe siècle, les peintres affluent pour copier la statuaire héritée de l’Antiquité ; à l’exemple d’un Jean Boucher, auteur d’une sanguine et craie Satyre et Bacchante (1600), inspirée par le célèbre groupe de Pan et Olympos. Nicolas Poussin, lui, pour son Satyre entraînant un bouc vers la droite (vers 1640), s’inspire de décors de camées gravés par Battista Franco. Au siècle suivant, Augustin Pajou reviendra de la Ville éternelle chargé de plus de six cents études, dont un remarquable Atlante canéphore présenté ici. À Paris, d’autres portent un regard fécond sur ces vestiges, en les réutilisant à leur manière. Ainsi, Nicolas de Largillière accentue l’attitude tourmentée de l’iconique Laocoon avec son Homme mordu par un serpent (vers 1705), tout en réduisant le reptile à sa taille naturelle. De son côté, Louis David, dans sa Mort de Marat, donne au bras du tribun révolutionnaire une position copiée, quinze ans plus tôt, sur celle d’un Patrocle des premiers siècles… Ou comment le dessin d’après l’antique peut engendrer les plus grands chefs-d’œuvre.

Beaux-Arts de Paris,
14, rue Bonaparte, Paris VIe, tél. : 01 47 03 50 00.
Jusqu’au 12 janvier 2020.
beauxartsparis.fr
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