Baya en couleurs et en formes

Le 07 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

Une gouache de jeunesse de l’artiste algérienne dansait, pour la plus grande joie de ses collectionneurs.

Fatma Haddad, dite Baya (1931-1998), Danse, 1946, gouache, 47,5 62,5 cm (à vue).
Adjugé : 84 500 

Depuis quelque temps, lors des vacations orientalistes, les œuvres des artistes magrébins du XXe siècle dépassent celles des peintres européens du XIXe en veine d’exotisme. Démonstration avec E. Goerner, un peintre de l’école allemande ou autrichienne (actif entre 1880 et 1890), dont Le Garde du trésor (voir l'article Sous bonne garde de la Gazette n° 44 du 11 décembre, page 40) obtenait 35 100 €. Il était devancé par cette gouache d’une artiste algérienne de plus en plus recherchée, Fatma Haddad, dite Baya (1931-1988), acquise à 84 500 € et recevant ainsi un record mondial pour l’une de ses œuvres sur papier (source : Artnet). Il s’agit d’une production de jeunesse, exécutée à 15 ans tout juste, mettant en scène une figure dansant entre des vases de feuilles. Baya expliquait vouloir dans les multiples femmes rythmant son œuvre retrouver l’image de sa mère, trop tôt disparue. L’année suivante, la galerie Maeght lui organise une exposition dont le catalogue est préfacé par André Breton, et le succès est immédiat : Paris s’emballe pour ses œuvres colorées qui ne sont pas sans évoquer Matisse. Malgré cette reconnaissance, de nouvelles années sombres allaient la guetter. Aujourd’hui, elle est de retour en pleine lumière, celle qui guidait sa main pour la libérer du chagrin.

lundi 14 décembre 2020 - 02:00 - Live
Vente à huis-clos live - 17, rue de la Grange-Batlière - 75009
Millon
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