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Baudelaire, un moderne mélancolique à la BnF

Le 07 décembre 2021, par Harry Kampianne

Le visiteur entre dans cette exposition comme dans un grand livre ouvert, à l’écoute de la parole du poète des Fleurs du Mal et du Spleen de Paris. Craignant de s’enfermer dans le carcan de la chronologie, la BnF a préféré opter pour un défrichage à la fois dense et feutré du « premier voyant, parce qu’il a su inspecter…

Baudelaire, un moderne mélancolique à la BnF
Charles Baudelaire (1821-1867), par Félix Nadar, vers février 1855.
© BnF

Le visiteur entre dans cette exposition comme dans un grand livre ouvert, à l’écoute de la parole du poète des Fleurs du Mal et du Spleen de Paris. Craignant de s’enfermer dans le carcan de la chronologie, la BnF a préféré opter pour un défrichage à la fois dense et feutré du « premier voyant, parce qu’il a su inspecter l’invisible et entendre l’inouï », selon Rimbaud. Au regard du sous-titre, il est évident que la modernité et la mélancolie sont les axes moteurs de l’univers baudelairien. La visite suscite toutefois des temps de lecture importants, dus à l’abondance d’extraits de manuscrits, de correspondances ou d’épreuves de ses recueils, corrigées de sa main. Le tout présenté sous des vitrines jalonnant l’ensemble d’un parcours touffu de quelque 200 pièces, invitant à comprendre la création poétique de ce dandy en spleen permanent, surfant sur la vague d’un romantisme exacerbé. Le prologue met en lumière l’affinité que le poète entretenait dès sa jeunesse avec le personnage de Hamlet, écartelé entre la grandeur de l’idéal et la conscience du néant. Les thématiques de l’errance et la déchirure du moi sont également prégnantes dans les deuxième et troisième parties de l’exposition. Une manière de sublimer l’exil, le monde absent, les paradis parfumés (ou artificiels) et la rêverie, charpentes de l’exotisme baudelairien. Celui-ci est accompagné tout au long de la visite de ses admirations esthétiques et littéraires –  ce qu’il appelait « la grande école de la mélancolie » –, de Delacroix, qu’il a soutenu tout au long de sa période de critique d’art, à Odilon Redon, de Chateaubriand à Théophile Gautier. Mais l’épilogue de ce défrichage plutôt réussi ne serait pas abouti sans ce dandysme baudelairien immortalisé dans une série de portraits sous les focales de Nadar et Étienne Carjat. Un état d’être et de paraître qu’il définissait ainsi : « Le dandysme est un soleil couchant ; comme l’astre qui décline. Il est superbe, sans chaleur et plein de mélancolie. »

Bibliothèque François-Mitterrand,
quai François-Mauriac, Paris 
XIIIe, tél. : 01 53 73 59 59,
Jusqu’au 13 février 2022.
bnf.fr/fr/francois-mitterrand

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