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Augustin Rouart, la peinture en héritage

Le 22 juin 2021, par Virginie Huet

Augustin Rouart, la peinture en héritage
Augustin Rouart, Le Nageur, 1943.
© Philippe Fuzeau

Une femme en pleurs sur un lit jaune citron, un enfant songeur pêchant à l’épuisette, un nageur fendant l’écume coiffé d’un bonnet rouge… Ces trois pièces maîtresses valent à elles seules le détour par la brève mais dense exposition consacrée au « réaliste magique » Augustin Rouart (1907-1997) et à sa « constellation ». Car l’un ne va pas sans l’autre, comme le rappelle cet accrochage des collections permanentes repensé à la faveur d’une donation de douze œuvres consenties par son fils, l’académicien Jean-Marie Rouart. Il faut un arbre pour comprendre la généalogie de cette famille esthète dont l’histoire a tout d’une saga (voir page 234). D’un côté, Henri Rouart, de l’autre, Henry Lerolle, tous deux peintres et collectionneurs. Deux des fils du premier – Eugène et Louis – marient les filles du second –Yvonne et Christine – tandis qu’Ernest, dernier fils d’Henri, épouse Julie Manet, la fille de Berthe Morisot et d’Eugène Manet, frère cadet du peintre. Autour de la lignée gravitent les grands esprits du siècle, Degas, Renoir, Debussy, Paul Valéry, amis intimes et bons génies. C’est dans ce climat inspiré que grandit Augustin, petit-fils d’Henri, et quatrième fils de Louis. Mis dos à dos sur deux rangées de pupitres, vingt de ses tableaux ravissants, peints à l’œuf ou à l’huile, sur bois ou sur carton, tiennent tête à Vallotton, Gauguin, Bonnard, Cézanne, Cassatt. Leurs sujets sont tendres, autant que leurs couleurs, étalées en aplats : son fils endormi, un arbre solitaire sur les quais de Seine, une station de métro la nuit, un bouquet de narcisses, son reflet. Plus proche des estampes Renaissance et japonaises que de l’impressionnisme, si cher à son clan, le « moderne des années 1930 » se forge un style pur et clair à l’écart des modes, quoique sous influence du courant nabi. Ce que prouvent trois immenses panneaux décoratifs du cycle « Soir Florentin », signés de son seul maître, Maurice Denis. Lequel lui tirait, à trois mois, le portrait au crayon.

Petit Palais,
avenue Winston-Churchill, Paris VIII
e, tél. : 01 53 43 40 00
Jusqu’au 10 octobre 2021.
www.petitpalais.fr

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