Au SAB, le marché se maintient

Le 17 septembre 2020, par Stéphanie Pioda

La Belgique est une terre fertile pour les amateurs d’art animalier, qui se sont donné rendez-vous au SAB Expo pour la 6e édition. Le vivier d’acheteurs locaux devrait permettre d’aborder le salon sereinement.

Christophe Drochon, Protection Solaire, acrylique sur toile, 83 x 60 cm.
PHOTO Christophe Drochon

Je ne compte pas sur les collectionneurs français cette année», déclare Philippe Heim, fondateur du SAB (Septembre Animalier Bruxelles). L’organisateur se veut pragmatique au regard des conditions de circulation entre la France et la Belgique qui se durcissent, mais aussi serein, parce que les collectionneurs belges sont de véritables amateurs d’art animalier, fidèles, et au pouvoir d’achat plus soutenu qu’en France. Bertrand Fauconnet, qui participe depuis la deuxième édition du salon, le confirme : «Les ventes sont relativement bonnes au SAB, qui se tient dans le cadre prestigieux de la galerie Costermans aux Sablons. En comparaison, celles du Salon national des artistes animaliers de Bry-sur-Marne, qui est une référence, sont importantes mais souvent avec des prix plus moyens.» Ici, la fourchette sera comprise entre 3 000 et 40 000 €, ce qui reste plus que raisonnable par rapport au marché de l’art contemporain, pour des artistes dont certains ont une trentaine d’années de carrière. Nous sommes également bien loin des enchères enlevées des artistes historiques du genre, comme l’illustrent certaines ventes récentes –tel ce Lion couché dévorant de Rembrandt Bugatti de 1908, adjugé 806 005 € chez Millon en mars 2019 à Paris. «L’année dernière, nous avons vendu à des investisseurs américains, des Belges et plus particulièrement des Flamands, des gens de l’industrie, des avocats etc.», ajoute Philippe Heim. Si certains sont férus de chasse, ce n’est pas l’esprit du salon, qui est résolument positionné comme un salon d’art, avec des représentations de lions, de léopards, certes, mais aussi d’animaux de toutes sortes, jusqu’au monde de la mer avec poissons ou poulpes. Nombre de collectionneurs suivent un artiste, achètent plusieurs œuvres ou les apprécient juste comme un élément de décoration. «Les œuvres peuvent être disposées juste en dessous d’un tableau du XVIIe siècle ou intégrer des intérieurs très contemporains. Nous avons déjà livré, dans le nord de la Belgique, un ours de Jean-François Gambino au plus grand importateur d’arbres au monde, qui l’a installé sur une console XVIIIe, tandis qu’aux murs étaient accrochées des œuvres de Gerr Van Velde ou Christian Dotremont», se souvient Philippe Heim.
Révélation
Le nombre de participants de ce salon sans galeries reste constant, trente artistes, avec sept nouveaux venus parmi lesquels Xavier Embise, qui travaille le laiton et le verre soufflé, Marie-Françoise Janssen, artiste belge aux origines rwandaises qui expose des peintures d’animaux de la savane, tout comme Brigitte Morisson. Charlotte Champion fait un pas de côté puisqu’elle s’approprie le bronze, classique pour l’art animalier, mais ses mises en scène lui donnent un aspect contemporain (entre 3 500 et 8 000 €). «Je travaille avec un matériau lourd mais j’essaie d’apporter quelque chose de plus léger qui se détache des contingences matérielles, et qui prend une dimension ludique dans la façon de présenter les sujets», confie-t-elle. Une démarche que partage Christophe Drochon, tout particulièrement dans son tableau intitulé La Jungle (autour de 30 000 €), où il résume les risques des addictions à l’adolescence en plaçant un tapir dans une ambiance street art. L’artiste révélation de cette année est Marlene Kyed, une Danoise qui a sélectionné des gravures sur acier inoxydable poli. Une façon de démontrer que l’art animalier se renouvelle et se détache d’une image un peu trop traditionnelle.

à voir
SAB Expo,
galerie Costermans, place du Grand-Sablon 5, Bruxelles,
du 25 au 29 septembre de 11 h à 19 h.
www.sabexpo.be
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