Arts et cinéma à Rouen, les liaisons heureuses

Le 19 novembre 2019, par Valentin Grivet
Djo-Bourgeois, L’Inhumaine, 1923, affiche, lithographie en couleurs, 163,5 124 cm.
© Cinémathèque française.


Explorer les liens entre les arts plastiques et le cinéma, de la première projection publique d’Auguste et Louis Lumière en 1895 à la nouvelle vague dans les années 1960 : le pari était ambitieux, et en partie relevé à Rouen. Le propos est documenté, l’exposition est conçue en collaboration avec la Cinémathèque française, sous la houlette de Dominique Païni, et le parcours solidement structuré. Le corpus réuni est conséquent, entre tableaux, dessins, affiches, photographies, maquettes de décors et objets de tournage. Il est ici question de la naissance du cinéma et de l’impressionnisme, de Charlie Chaplin ou Marcel L’Herbier et du cubisme de Léger et Picasso, de l’abstraction, de l’expressionnisme allemand, du cinéma de propagande et du constructivisme russe, sans oublier le surréalisme (Dalí pour la scène du rêve de La Maison du docteur Edwardes d’Hitchcock en 1945). Peut-on réellement traiter en profondeur tant de sujets à la fois ? « Chaque séquence aurait pu faire l’objet d’une exposition spécifique », reconnaît Sylvain Amic, directeur de la réunion des musées métropolitains Rouen Normandie et co-commissaire de la manifestation. Ne boudons pas pour autant notre plaisir. Malgré cette légère impression de « survol », l’exposition réserve de jolies surprises, comme les splendides Rythmes colorés de Léopold Survage (1913) ou le rapprochement proposé entre les anthropométries d’Yves Klein et la scène de Pierrot le Fou (Godard, 1965), où le personnage joué par Jean-Paul Belmondo se peint le visage en bleu.

Musée des beaux-arts,
esplanade Marcel-Duchamp, Rouen, tél. : 02 35 71 28 40.
Jusqu’au 10 février 2020.
mbarouen.fr
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