Art Central à Hong Kong, quatrième opus

Le 13 avril 2018, par Pierre Naquin

L’ édition 2018 démontait ses tentes dimanche 1er avril. À l’image du marché hongkongais, la foire se développe rapidement en un mélange détonnant de galeries très différentes. Petit bilan.

 
PHOTO JACQUIE MANNING

Avec plus de 100 exposants (dont un tiers de nouveaux venus), Art Central montre une belle ambition. Comme beaucoup de «jeunes» foires qui veulent marquer leurs places, ACHK a mis le paquet sur la promotion. Impossible, pour les locaux comme pour les visiteurs d’Art Basel Hong Kong, de passer à côté de ce rendez-vous qui se présente comme la foire off de la semaine de l’art. C’est d’ailleurs bien ce que viennent chercher certains professionnels comme Cordelia de Freitas, directrice de la galerie Maddox (nouvelle venue) : « Pour notre première participation à une foire en Asie, nous voulions une foire qui investisse pour nous et avec nous. Nous ne nous sommes pas trompés. Le succès fut au rendez-vous ! » Sarah Greene, directrice de la galerie locale Blue Lotus, insiste sur «la forte présence de la création locale et régionale» : «C’était pour nous l’opportunité qui faisait le plus sens pour démarrer notre collaboration avec le photographe Wing Shaya.» Avec plus de 75 % de marchands en provenance de la région Asie-Pacifique, beaucoup n’ont pas fait plus de deux heures d’avion : Hong Kong, Chine continentale, Taiwan, Corée du Sud ou encore Japon… Quand on interroge les exposants, ils insistent sur l’organisation sans faille. Ainsi, pour Alisa Fung qui revenait pour la troisième fois avec sa galerie Puerta Roja , «Art Central est bien mieux structurée que les autres foires auxquelles nous avons participé l’année dernière, que ce soit Art Tapei ou la KIAF.» L’artiste et auteur Chan Sai Lok, présenté sur la foire après avoir remporté le 2017 UOB Ink Art of the Year Award, acquiesce.
Ambiance chaleureuse
Dans les faits, cela se traduit par plus de monde dans les allées et sur les stands. Alisa Fung a ainsi été «surprise par le nombre de visiteurs». Kenneth Young, directeur Hong Kong de la galerie Karin Weber, nous confie que son stand «était plein à craquer dès le vernissage». Probablement grâce à l’œuvre étrange et marquante, Babel Hong Kong, d’Emily Allchurch. Sarah Greene ajoute qu’en termes de visiteurs, la qualité suivait la quantité : «Art Central a réussi à faire le buzz et à attirer toutes les personnes qui comptent.» La foire a aussi permis à l’essentiel des galeries d’élargir leur base de collectionneurs. Kenneth Young indique ainsi que la plupart de ses ventes se sont concrétisées auprès de nouveaux collectionneurs hongkongais. Côté ventes justement, même si elles se montraient inégales selon les stands, la majorité des exposants s’avouent satisfaits et, à l’heure des bilans aucun n’avait fait chou blanc. Les collectionneurs aussi y trouvent leur compte. Yuri Van der Leest, qui se rend à la foire chaque année depuis 2016, «découvre systématiquement de nouvelles pratiques et de nouveaux artistes». Il ajoute : «J’apprécie particulièrement l’ambiance chaleureuse d’Art Central. C’est comme une petite, ou une grande, communauté ! La personnalité des intervenants ici est au moins aussi intéressante que les œuvres présentées.» Fatigué de voir les mêmes œuvres des mêmes artistes AAA sur tous les continents ? Art Central offre une création différente, empreinte d’une saveur toute locale qui ne saurait laisser indifférent. 

 

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