ART 021 & West Bund : le doublé de Shanghai

Le 24 novembre 2017, par Caroline Boudehen

Les deux foires se sont déroulées du 10 au 12 novembre dernier dans la mégalopole chinoise, l’une au centre de la ville, l’autre dans le nouveau quartier dédié à l’art contemporain.

Le stand HDM GALLERY sur la foire ART 021, à Shanghai.

Fondée en 2013 par un trio shanghaien avant-gardiste, composé de Kelly Ying, David Chau et Bao Yifeng, la foire ART 021 bénéficie des compétences et des réseaux de chacun d’entre eux. De quoi séduire les fameux «collectionneurs chinois» cette classe naissante et massive de nouveaux riches arrivant au sommet de leur vie de consommateur, qui intègrent l’art contemporain dans leurs goûts et leur quotidien. Lancée sur cette opportunité de marché, qu’elle nourrit et capitalise depuis cinq ans, ART 021 enregistrait cette année 70 000 entrées, soit 10 000 de plus qu’en 2016. Avec cent quatre galeries participantes (contre vingt-neuf en 2013), elle occupait pour la première fois la totalité de l’espace du prestigieux Shanghai Exhibition Center. Si ART 021 est dotée d’une volonté de mettre en avant les galeries chinoises, elle intègre résolument celles-ci dans une perspective globale. En effet, les galeries chinoises d’envergure (ShanghArt, White Space Beijing, Tang Contemporary Art, Beijing Commune) y exposaient aux côtés de géants internationaux  : la galerie de référence Marlborough, présente pour la première fois, Hauser & Wirth, Gagosian, Thaddaeus Ropac, Perrotin, David Zwirner. Les enseignes moins installées étaient, quant à elles, majoritairement asiatiques. Mais celles, établies ou non, qui ont su séduire cette clientèle jeune et branchée en la considérant comme une opportunité d’investissement à long terme et non en la sous-estimant avec des œuvres de moindre qualité ont connu un succès significatif. Variant de quatre à cinq chiffres en moyenne, les ventes ont explosé dans certains cas : une œuvre de Paul McCarthy a par exemple été cédée pour 950 000 $ chez Hauser & Wirth, et certains stands ont vendu la totalité de leurs œuvres (ShanghArt, Bonacon Gallery). Une majorité de galeristes s’accorde à dire que les ventes ont été bien meilleures qu’en 2016, grâce à l’amélioration du marché boursier local, même s’ils reconnaissent qu’elles se sont réalisées plus lentement qu’ailleurs. «C’est le genre d’endroit où tout le monde veut faire le tour et voir ce qui est disponible avant de prendre une décision», constatait Nick Buckley Wood, qui dirige le secteur Asie pour la galerie Thaddaeus Ropac. D’autant qu’une autre foire se déroulait simultanément…
Prendre place en chine continentale
Plus complémentaire que concurrente d’ART 021, West Bund Art Fair, dirigée par l’artiste Zhou Tiehai, a été créée en 2014 à l’initiative de la municipalité de Shanghai. Installée dans un hangar monumental le long du fleuve Huangpu, elle fait rayonner ce nouveau quartier dédié à l’art contemporain c’est d’ailleurs ici que verra le jour en 2019 l’antenne du Centre Pompidou. À tendance plus internationale, la foire accueille trente-neuf galeries, certaines ayant joué sur les deux tableaux avec un second espace à ART 021 Hauser & Wirth, David Zwirner, White Cube, Perrotin, ShanghArt. Avec des stands plus spacieux, épurés et conçus avec soin, West Bund s’affirme comme une foire de qualité et attire les grandes galeries du monde entier. Comme on pouvait le supposer, les ventes y ont atteint des millions. Collectionneurs de renom, courtiers et galeristes étrangers non exposants ont été au rendez-vous, certains pour la première fois. La nécessité de prendre une place en Chine continentale pour se connecter plus concrètement à ce marché se faisant de plus en plus pressante, certains songent désormais, comme Mathieu Templon, directeur de la galerie bruxelloise, à entrer dans le jeu dès 2018.

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