Art & Finance

Le 25 octobre 2019, par Pierre Naquin

Le groupe Art & Finance de Deloitte dévoilait la 6e édition de son rapport consacré à l’art en tant qu’actif financier. Peu de nouveautés : le monde de la finance ne s’intéresse toujours que marginalement à celui de l’art. 

 

Lors d’une conférence à Monaco la semaine dernière, le groupe Art & Finance de Deloitte dévoilait la 6e édition de son rapport consacré à l’art en tant qu’actif financier. Peu de nouveautés : le monde de la finance ne s’intéresse toujours que marginalement à celui de l’art, et les raisons – manque de transparence, perception du risque – sont toujours les mêmes. Peut-être que les problèmes internes de ces professions sont également pour beaucoup dans le manque d’enthousiasme pour l’art, mais ceux-ci ne sont pas étudiés. Le contexte technologique n’a lui non plus pas fondamentalement évolué depuis la précédente étude, publiée à Milan il y a deux ans : promesse d’une solution absolue à tous les problèmes par la blockchain, qui ne semble pourtant pas pointer le bout de son nez. Le rapport ressemble de plus en plus à un document interne à Deloitte, de par sa diffusion et son ambition (donner des clés de lecture à des professionnels des domaines financier, bancaire ou de conseil pas nécessairement au fait du marché de l’art et de ses évolutions). Il revient ainsi longuement sur la mise en application de la cinquième directive anti-blanchiment, qui s’annonce corsée à mettre en place pour les professionnels de l’art. L’ouvrage reste néanmoins riche en données factuelles, collectées par différentes sources, ou par le talent des équipes d’ArtTactic qui produisent l’analyse qualitative. On apprend ainsi que la perception du risque dans le marché de l’art a progressé de 10 % en un an, pour atteindre son plus haut niveau en dix ans, que le volume total des garanties aux enchères a augmenté de plus de 30 % entre 2017 et 2018 pour atteindre 1,3 Md$, que les collectionneurs considèrent désormais quasi-unanimement (84 % des sondés) leur œuvres comme faisant partie de leur patrimoine, ou encore que les start-up du monde de l’art ont levé collectivement 600 M$ de capital (dont environ 50 % pour des plateformes Internet dédiées aux transactions

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