Gazette Drouot logo print

Anne de France en majesté à Moulins

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Afin de bien inscrire la princesse dans la généalogie royale, les commissaires ont choisi de l’appeler Anne de France (1461-1522) et non Anne de Beaujeu, nom sous lequel elle est plus communément citée. Car c’est le portrait d’une femme d’influence qui est ici mis en images et contextualisé, à l’aune des dernières recherches...

Jean Hey (actif entre 1480 et 1501), La Rencontre de Joachim et sainte Anne à la... Anne de France en majesté à Moulins
Jean Hey (actif entre 1480 et 1501), La Rencontre de Joachim et sainte Anne à la Porte dorée ; Charlemagne, vers 1491, huile sur bois, 72,6 60,2 cm, Londres, National Gallery.
© National Gallery

Afin de bien inscrire la princesse dans la généalogie royale, les commissaires ont choisi de l’appeler Anne de France (1461-1522) et non Anne de Beaujeu, nom sous lequel elle est plus communément citée. Car c’est le portrait d’une femme d’influence qui est ici mis en images et contextualisé, à l’aune des dernières recherches et en commémoration du 500e anniversaire de son décès. Fille aînée et préférée de Louis XI, sœur de Charles VIII, dont elle assure l’éducation et la quasi-régence de son royaume durant sa minorité, et épouse de Pierre de Beaujeu, prince du dernier duché indépendant de la couronne de France, elle est ici montrée sous ses différentes facettes de femme de pouvoir de la Renaissance, dans les domaines du mécénat et du politique. C’est pourquoi le parcours est à la fois artistique – sont réunies ici pour la première fois des pièces emblématiques des commandes du couple, dont des éléments de retables de Jean Hey et des sculptures de Jean de Chartres, grâce à des prêts du Louvre et de la National Gallery de Londres – et historique, avec de nombreux documents d’archives – manuscrits, pièces de monnaie, billets, testament, etc. Sous son action, Moulins fut, dès 1496-1497, le premier lieu d’accueil d’artistes italiens, dont l’apport va aussitôt se ressentir dans l’architecture de la cité. Grâce à elle, le Bourbonnais devient une région au carrefour de ces influences qui vont donner naissance, au tournant du XVe siècle, au style français. À sa cour, travaillent des peintres flamands et italiens, des enlumineurs, des sculpteurs, des écrivains et éditeurs de renom, et même des jardiniers. Une édition de 1535 des Enseignements, manuel écrit pour sa fille Suzanne –dont le portrait en prière de Jean Hey est l’une des pépites du parcours – rappelle son œuvre éducatrice et souligne le fait que de nombreuses jeunes filles, après avoir bénéficié de sa protection et de ses enseignements, sont devenues de remarquables femmes de pouvoir, comme Marguerite d’Autriche, Louise de Savoie ou Anne de Bretagne.

Musée Anne de Beaujeu,
place du colonel Laussedat, Moulins (03), tél. 
: 04 70 20 48 47,
Jusqu’au 18 septembre 2022.

www.musees.allier.fr
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne