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À la galerie des Gobelins : Créer pour Louis XIV. Les manufactures de la Couronne sous Colbert et Le Brun

Publié le , par Christophe Dorny

La splendeur architecturale d’un château est une chose, mais le luxe, surtout au temps de la monarchie, dépend de la qualité du décor des résidences royales. Avec le Roi-Soleil, une politique artistique d’État se met en place exclusivement pour la Couronne et ses besoins d’éblouir l’Europe. Elle est organisée, et même imaginée...

Tapisserie Le Colosse de Rhodes, tenture d’«Artémise», manufacture des Gobelins,... À la galerie des Gobelins : Créer pour Louis XIV. Les manufactures de la Couronne sous Colbert et Le Brun
Tapisserie Le Colosse de Rhodes, tenture d’«Artémise», manufacture des Gobelins, 494 x 657 cm, Mobilier national.
© MOBILIER NATIONAL, ISABELLE BIDEAU

La splendeur architecturale d’un château est une chose, mais le luxe, surtout au temps de la monarchie, dépend de la qualité du décor des résidences royales. Avec le Roi-Soleil, une politique artistique d’État se met en place exclusivement pour la Couronne et ses besoins d’éblouir l’Europe. Elle est organisée, et même imaginée dans son iconographie, par le tout-puissant ministre Colbert et le peintre Charles Le Brun, sans oublier le président en la Chambre des comptes, Gédéon Berbier du Mets. L’exposition nous raconte cette histoire hors norme, illustrée par des estampes, dessins, documents d’archives et avec quelques pièces d’exception, sans toutefois insister sur le mobilier, ce qui est dommage. Tout commence par la création d’une communauté d’artistes et d’artisans (lissiers, menuisiers, ébénistes, orfèvres, lapidaires…) dans l’enclos des Gobelins, nouvellement acheté par l’État : une ville dans la ville, avec ses règlements et ses privilèges. Une ville cosmopolite aussi, car les meilleurs spécialistes européens y sont appelés et certains de ses artisans, envoyés en Orient pour se former aux techniques du tissage de tapis. Sans avoir l’élégance d’une demeure royale, l’espace de la galerie des Gobelins a été adroitement utilisé pour exposer au rez-de-chaussée, avec un système de miroirs au premier étage, des tapisseries monumentales à fils d’or (notamment des tentures d’«Artémise» et de «L’Histoire du Roi») de cinq mètres de hauteur sur sept de largeur. La «grande argenterie», on se contentera de l’imaginer : Louis XIV l’a fait fondre pour financer sa guerre contre la ligue d’Augsbourg ! Mais on peut presque toucher deux plateaux de table en pierres dures exécutés par des lapidaires florentins, des exemples d’un savoir-faire exceptionnel.

Galerie des Gobelins,
42, avenue des Gobelins, Paris 
XIIIe, tél. : 01 44 08 53 49.
Jusqu’au 4 décembre 2019.
www.mobiliernational.culture.gouv.fr
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