À l’heure de la FIAC Arts abstrait et contemporain sous le martea

Le 25 octobre 2018, par Anne Doridou-Heim
Gilles Aillaud (1928-2005), Deux serpents, 1964, huile sur toile, 81 x 130 cm (détail).
Adjugé : 80 600 €

Cette semaine était définitivement sous le signe de l’art contemporain. Nécessité fait FIAC ! Elle offrait aussi l’occasion de rendre hommage à un grand monsieur de la figuration narrative, l’artiste Jacques Monory, né en 1924 et disparu le 17 octobre dernier. Lors de la dispersion de dimanche, il était présent via une pièce unique, un collage de photos façon puzzle sérigraphié sur papier, récompensé de 2 860 €. Le mouvement est né au début des années 1960, dans une volonté de revenir à la figuration et, surtout, de fournir une antithèse au pop art. Gilles Aillaud (1928-2005) en était un membre éminent, le versant animalier, mais pas à la manière d’un artiste traditionnel. Militant, il peint essentiellement ses sujets en cage, dont la présence interroge notre humanité. Ses Deux serpents de 1964 (détail reproduit page de droite) s’enroulaient pour attraper une enchère de 80 600 €, qui les faisait entrer dans le top cinq des œuvres de l’artiste (source : Artnet). De la figuration encore, mais plus combattive et livrée par Robert Combas (né en 1957), avec une Bataille à coups de feu allongés, ambiance caramba colorée, peinte en 1984. Elle appartient à une série née de dessins au stylo-bille qui remontent à son enfance. Il en parle ainsi : «Elles ont un côté violent, enlevé qui me plaît. Un air expressionniste, très coloré… c’est aussi un symbole. Ça représente les luttes dans la vie de tous les jours et tous les coups de couteau qu’on reçoit quand on fait quelque chose de bien». Celle-ci ne recevait aucun coup, mais 102 700 €. Dans un univers très éloigné des recherches précédemment citées se situe l’artiste suisse Olivier Mosset (né en 1944). Son acrylique sur toile Sans titre, produit entre 1969 et 1972, appartient à cette période au cours de laquelle il réalisa des toiles blanches de forme carrée, arborant seulement en leur centre un rond noir. Rond noir sur fond blanc, une version toute personnelle du Carré noir sur fond blanc de Malevitch ? Selon le critique et conservateur au Centre Pompidou Michel Gauthier, sa peinture entend montrer ainsi, «dans un élan foncièrement désublimateur et non sans une désinvolture qui fait son attrait, qu’elle peut être égale à un zéro, ou à presque rien.» Cette œuvre, dans laquelle le plasticien atteint un art totalement dépouillé, recevait un record mondial à 130 000 € (source : Artnet). Retour à la réalité par les chiffres.
 

Olivier Mosset (né en 1944), Sans titre, 1969-1972, acrylique sur toile, 100 x 100 cm. Adjugé : 130 000 €
Olivier Mosset (né en 1944), Sans titre, 1969-1972, acrylique sur toile, 100 x 100 cm.
Adjugé : 130 000 €
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