À l'Espace de l'art concret, Gérard Traquandi et la Donation Albers-Honegger, Contrepoint

Le 28 mai 2019, par Virginie Chuimer-Layen

EAC - Espace de l’art concret, château de Mouans, 06370 Mouans-Sartoux, tél. : 04 93 75 71 50, www.espacedelartconcret.fr
Jusqu’au 5 avril 2020.

Gérard Traquandi (né en 1952), La Chapelle, 2017.
Courtesy Gérard Traquandi © Photo Denis Prisset © Adagp, Paris 2019

L’EAC de Mouans-Sartoux invite depuis deux ans un plasticien à réinventer la collection Albers-Honegger. Réuni par l’artiste suisse Gottfried Honegger et sa dernière épouse, Sybil Albers, cet ensemble de 700 œuvres signées par deux cents artistes témoigne de cet art dont «les tableaux n’ont pas d’autre signification qu’eux-mêmes», selon la définition de l’art concret. Après le regard de Carlos Cruz-Díez en 2017 et «Picasso à tous les étages !» l’an dernier, le peintre Gérard Traquandi (né en 1952) met en contrepoint d’une sélection réfléchie quelques-uns de ses dessins et toiles, mais aussi des céramiques et des photographies. Questionnant les fondamentaux du tableau – la peinture, comment est-ce fait et avec quoi ? –, son parcours joue avec l’architecture et la nature vue à travers des baies vitrées. Dans un va-et-vient entre les étages, il interroge le geste créateur, les matériaux, la sobriété des moyens, mais aussi le rapport au motif, à la lumière et à la couleur. Les relevés de terre d’Herman de Vries conversent avec une terre cuite d’Eduardo Chillida et ses céramiques chargées de matière, tandis que, non loin, l’artiste-commissaire met en exergue les constituants – miel et citron – d’une pièce de Jean-Pierre Bertrand. Si une salle entière est consacrée à ses dessins fondateurs, d’autres niveaux tissent d’improbables dialogues qui fonctionnent. À une œuvre géométrique et frontale de Gottfried Honegger, Traquandi oppose l’une de ses toiles où les couches chromatiques vibrent en fonction de la lumière et de l’espace environnant. Leur point commun ? La recherche d’objectivité et un lien à l’architecture. Conçue comme une «superposition de mélodies musicales», l’exposition convie Nemours, McCracken, mais aussi Judd, Michaux, Mosset et bien d’autres, et à porter le regard sur l’aspect plus sensible qu’il n’y paraît de leurs œuvres.

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