10e  festival Circulation(s) de la jeune photographie européenne au Centquatre

Le 23 juin 2020, par Sophie Bernard
Chiara Avagliano (née en 1988), série «Val Paradiso».
© Chiara Avagliano

Comment les jeunes photographes d’Europe perçoivent-ils le monde d’aujourd’hui ? «Images à l’excès», «En quête de soi», «Explorations photographiques», «Ceux qu’on ne voit pas», «Le monde de demain» : les cinq thématiques développées cette année à Circulation(s), auxquelles s’ajoute un focus sur la Biélorussie, offrent une lecture étonnamment pertinente de la société contemporaine. C’est là l’une des grandes réussites de cette édition rassemblant quarante-deux projets d’artistes de seize nationalités. Déployé sur 2 000 mètres carrés, le festival mise également sur des scénographies spécifiques à chacun, évitant l’écueil de l’effet d’accumulation. Le parcours voit alterner des tirages sobrement accrochés, telles les natures mortes de la Croate Lana Mesic – présentant des kalachnikov en Lego, réminiscence d’une enfance marquée par la guerre –, et des installations parfois monumentales. Témoin celle de l’Allemand Norman Behrendt, réalisée à partir d’images récupérées sur Internet, posant la question de l’influence des réseaux sociaux sur l’essor des partis d’extrême-droite. Parfois, l’image tend à disparaître. C’est le cas de «Common People» de l’Ukrainien Anton Shebetko, un grand mur de tirages en lambeaux abordant la question de l’homosexualité, sujet tabou dans son pays. Ailleurs, l’expression est magnifiée – «Val Paradiso» de Chiara Avagliano – ou encore poétique, à l’image des visages de personnes atteintes de trisomie 21 de la Néerlandaise Marinka Masséus («Chosen [not] to be»). Pour sa dixième édition, Circulation(s) confirme son statut de grand rendez-vous de la photographie à Paris.

Centquatre,
5, rue Curial, Paris 
XIXe.
Jusqu’au 26 juillet 2020.
www.104.fr et www.festival-circulations.com
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