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La Gazette Drouot Marché de l'art - Foires et salons

1:54 New York le printemps africain

Le 19 mai 2017, par Marie-Salomé Peyronnel

Pour sa troisième édition new-yorkaise, la foire d’art africain contemporain, née à Londres en 2013, s’impose comme le rendez-vous incontournable de la Frieze week.

1:54 New York le printemps africain
My Father was a garden boy, une œuvre textile (tissu kanga) de Lawrence Lemaoana (né en 1982), artiste sud-africain aux slogans accrocheurs et dénonciateurs.

Début mai, entre Randall’s Island Park (Frieze) et Red Hook, Brooklyn, pour rejoindre 1:54, le monde de l’art new-yorkais est passé de métros en taxis, de shuttles en ferrys… Mais l’excursion jusqu’à 1:54 vaut indéniablement le détour. Peu de foires peuvent se vanter d’offrir à leurs visiteurs la certitude de repartir plus renseignés qu’ils ne l’étaient à leur arrivée. Peu se déroulent dans des lieux aussi spectaculaires que l’expérimental centre artistique Pioneer Works. Et rares sont les vernissages qui se clôturent par des fêtes où les happy few se déhanchent librement au milieu de clichés de Malick Sidibé…
Un continent mais cinquante-quatre pays
C’est tout le charme de 1:54 : mettre à l’honneur des œuvres  dont la cote ne cesse de monter , mais aussi célébrer diverses cultures, de multiples pratiques artistiques, un nombre infini de rêves et positionnements. Le nom même de la foire insiste sur cette diversité : un continent, certes, mais cinquante-quatre pays. Un défi clair, relevé brillamment. Orchestrée par l’admirable Touria El-Glaoui, 1:54 New York accueillait cette année vingt galeries, dont huit venant du continent africain, comme Voice gallery de Marrakech, où l’on a pu découvrir un pan moins connu du travail de la photographe Leïla Alaoui, tragiquement disparue l’an dernier lors des attentats de Ouagadougou, à l’âge de 33 ans. S’y trouvaient aussi la référence française Magnin-A, et la locale Taymour Grahne Gallery, habituée des foires Untitled Miami et Dallas Art Fair.
Un contexte de croissance
Si les stars sont bien représentées, dont l’incontournable William Kentridge, on se rend surtout à 1:54 pour les étoiles montantes de ce marché, à l’instar de Billie Zangewa, dont on se souvient que les vingt autoportraits de soie furent vendus en quinze minutes à Art Paris (35 000 € pièce), ou pour les œuvres en tissu kanga de Lawrence Lemaoana, échangées autour de 6 000 € pièce. Le stand de la galerie Cécile Fakhoury-Abidjan était dédié aux peintures du Sénégalais Cheikh Ndiaye, repéré entre autres à la 56e Biennale de Venise. Chez Magnin-A, à côté de toiles de Chéri Samba ou de Pathy Tshindele, on trouvait les sculptures du Béninois Romuald Hazoumè, détournant des jarres de plastique destinées à contenir du pétrole, qu’on avait aussi aperçu à Frieze le matin même (16 000 €). Si 1:54 bénéficie sans conteste d’un contexte de croissance, celui de l’engagement international pour l’art africain un focus à Art Paris, exposition à la Fondation Louis Vuitton, lancement de The African Art in Venice Forum , elle en est aussi l’un des éléments essentiels. «On a atteint notre objectif de donner de la visibilité aux artistes africains. Aujourd’hui, on veut que ces artistes puissent sortir du thème africain et être inclus dans des expositions autrement», explique Touria El Glaoui. Et de conclure, optimiste : «La foire n’aura plus lieu d’être dans dix ans, parce que ce problème aura disparu.»

À SAVOIR
Après Londres (17 000 visiteurs à la 5e édition)
et New York (6 000 visiteurs en 2016),
1:54 s’implante aussi à Marrakech.
La première édition marocaine se déroulera
les 24 et 25 février 2018.

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