Porcelaine de Paris et vue de Venise

Le 01 avril 2021, par Philippe Dufour

Provenant d’un château de la région de la Champagne, cet ensemble illustrait surtout l’art de la table à son firmament, c’est-à-dire au XIXe siècle.

Époque Restauration, service de table en porcelaine de Paris signé Feuillet, 248 pièces (détail).
Adjugé : 27 600 

La vedette absolue de cette dispersion demeurait comme prévu (voir l'article Venise dans tous ses états avec Apollonio Domenichini de la Gazette n° 11, page 145) la paire de toiles peintes par Apollonio Domenichini, anciennement dit le «Maître des vues de la fondation Langmatt», représentant une Vue de la Salute et le Bucentaure retournant au môle le jour de l’Ascension (53 78). Du quotidien ou festives, les deux scènes étaient récompensées par une enchère globale de 180 300 €. Du côté des cimaises aussi se détachait avec 24 600 € une plaque de lapis-lazuli marouflée sur une ardoise ovale, L’Annonciation (26,5 17 cm), due à un artiste de l’école florentine du XVIIe siècle, de l’entourage d’Antonio Zucchi. Sans transition, deux remarquables services de table en porcelaine étaient ensuite proposés. Le premier provient de la manufacture de Sèvres et comporte 166 pièces ; chiffré, il arbore ce fameux fond bleu lapis – signature de la manufacture française – complété de blanc, un décor festonné rechampi de dorure, et n’a manqué d’attirer l’enchère de 39 600 €. Plus ancien, car d’époque Restauration, le monumental service de table en porcelaine de Paris réalisé par Feuillet, un peintre sur porcelaine actif rue de la Paix dans les années 1820-1830, comptait pas moins de 248 pièces, dont vingt coupes et huit chandeliers ornés d’angelots en volume… Cette fois, il fallait miser 27 600 € pour disposer de ces éléments au vert printanier parsemé de bouquets romantiques. L’argenterie n’était pas en reste avec les 22 800 € alloués à une ménagère en argent de style Renaissance à décor de mascaron et rinceaux feuillagés, par Cardeilhac & Christofle, de 6 252 g totalisant 97 pièces. Quant aux bijoux, ils étaient dominés à hauteur de 16 800 € par un collier «tubogaz» (l. 39 cm) de la maison Chaumet, des années 1950-1960. En or jaune, il est agrémenté au centre de deux motifs «fleurs» sertis de diamants, émeraudes, saphirs, rubis, citrines, améthystes.

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