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Lorsque Lièvre courait après l’exotisme

Le 30 septembre 2021, par Anne Doridou-Heim

Cette table sonnait comme une invitation à prendre le thé avec son créateur, Édouard Lièvre, et Barbedienne, la maison de bronzes qui l’a éditée.

Lorsque Lièvre courait après l’exotisme
Ferdinand Barbedienne (1810-1892) d’après Édouard Lièvre (1828-1886), vers 1880, table à thé en bronze à patine foncé rehaussée d’or à décor imitant le bambou et de dragons, plateau en émaux cloisonnés orné de fleurs d’époque Jiaqing, 89 87 56 cm. 
Adjugé : 37 800 

Lorrain monté à Paris et collaborateur de la plupart des grandes maisons de décoration et de bronzes de la seconde moitié du XIXe siècle (voir l'article Du Japon à l’Europe page 46 de la Gazette n° 32), Édouard Lièvre compte parmi les créateurs de cette époque féconde capables de toucher à tout avec talent et surtout d’innover. Il est l’un des dessinateurs les plus prolifiques, proposant ses projets lorsqu’il ne les réalise pas lui même pour une vaste gamme de productions : bronzes d’ameublement, céramiques, meubles néo-Renaissance ou japonisants si ce n’est de goût sino-japonais. C’est lors de l’Exposition universelle de 1867 qu’il prend l’art de l’empire du Soleil-Levant de plein fouet. Après son décès, deux ventes sont organisées à Drouot, du 21 au 24 mars 1887 et le 27 février 1890. Les critiques rapportent que l’«on s’écrasait à la salle». Depuis longtemps, les amateurs de bel ameublement d’art n’ont pas eu l’occasion de voir paraître aux enchères un ensemble aussi remarquable que l’œuvre du maître regretté». Et concluaient d’un avertissement : «Ses meubles feront époque comme ceux de ses célèbres devanciers des siècles passés». Dont acte. Cette table à thé, exécutée en bronze doré autour d’un plateau en émaux cloisonnés d’époque Jiaqing (1796-1820) chez Fernand Barbedienne vers 1880, repartait accompagnée d’une enchère de 37 800 €.

Panorama (après-vente)

Un quatuor à la baguette

Le 30 septembre 2021, par Anne Doridou-Heim
Un quatuor à la baguette

En excellent état de conservation, ce violon (35,9 cm sur le fond) de 1886 ouvrait la saison des enchères à Drouot le mercredi 22 septembre et jouait une note de 18 900 € chez Pestel-Debord (MM. Boyer, Guillaume). On doit l’instrument au quatuor Gand et Bernardel. Installés à Paris, les quatre luthiers – deux fois deux frères – ont repris les ateliers de leurs pères, Charles François Gand et Auguste Sébastien Bernardel, tous deux célèbres sous la Restauration, avant de s’associer en 1866 et de devenir très officiellement les «fournisseurs de la musique de l’empereur et du conservatoire». Jouez violons…

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