Toulouse-Lautrec, tout en haut de la lithographie

Le 08 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

Le succès était complet pour les estampes d’Henri de Toulouse-Lautrec provenant du fonds d’une galerie parisienne historique.

Henri de Toulouse-Lautrec, La Clownesse assise (Mademoiselle Ch-U-Ka-O), 1896, lithographie en couleurs, sur vélin blanc mince filigrané, 40,3 52,2 cm (détail).
Adjugé : 205 704 

Les 28 et 29 avril dernier, la première dispersion des estampes anciennes et modernes de ce fonds historique avait réuni 982 808 €. Ce deuxième opus, riche de 220 numéros, offrait une ode à Henri de Toulouse-Lautrec et se concluait sur le produit conséquent de 2 078 220 €. La vacation invitait à une véritable déambulation dans le Montmartre de la fin du XIXe siècle et dans la vie de ses cabarets. Elle débutait avec les 98 280 € d’une épreuve sur vergé filigrané de 1892 de L’Anglais au Moulin-Rouge (49 61 cm). On y voit l’imprésario William Tom Warrener en grande conversation avec la Goulue et son amie, la môme Fromage. Elle se poursuivait avec les 131 422 € de la lithographie Miss Loïe Füller (reproduite ci-dessous). La belle Américaine y exécute l’une des chorégraphies l’ayant rendue célèbre, s’y montrant totalement aérienne dans la lumière de ses voiles rehaussés d’encre bronze doré. La Clownesse assise (Mademoiselle Ch-U-Ka-O), l’une des planches de la suite «Elles» de 1896, invitait à une petite pause… il faut dire qu’elle devait être épuisée par les acrobaties dont le public raffolait. Cette fois, c’est un amateur qu’elle enthousiasmait à 205 704 € (voir page de droite). La folle ronde reprenait : 142 850 € pour Elsa la Viennoise (38,7 56 cm), une «pensionnaire» comme l’on disait alors d’une maison de la rue des Moulins, 171 420 € pour La Danse au Moulin-Rouge (reproduite page 61 de la Gazette n° 25, voir l'article Toulouse-Lautrec, maître de l’estampe), sur laquelle deux femmes tournoient sur la piste au son de l’orchestre, et 123 422 € pour La Chanson du Matelot (Miss X in The Alabamah Coons), l’une des quatre épreuves connues à ce jour. On quittait la Butte pour rejoindre l’univers hippique. Le Jockey se rendant au poteau (27,8 39 cm), une lithographie de 1899, avançait à 102 852 €. Fin des courses et de cette session haute en couleur et en souvenirs d’une époque que l’on nommait «belle».
 

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Miss Loïe Fuller, 1893, lithographie en couleurs, épreuve sur vélin glacé crème, 28 x 38 cm. Adjugé
Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Miss Loïe Fuller, 1893, lithographie en couleurs, épreuve sur vélin glacé crème, 28 38 cm.
Adjugé : 131 422 

mardi 29 juin 2021 - 14:00 - Live
Brunel - Dejean de La Bâtie
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