Des univers en expansion avec Mathieu et Vasarely

Le 25 juin 2020, par Philippe Dufour

Les deux artistes emblématiques des Trente Glorieuses éclairaient de leurs recherches plastiques exigeantes une dispersion consacrée à la peinture et au design du XXe siècle.

Victor Vasarely (1906-1997), Rixa, 1991, acrylique sur toile signé en bas au centre, contresigné et titré au dos, 91 80 cm (détail).
Adjugé : 90 720 

Rixa : tel est le titre de l’œuvre de Victor Vasarely, qui, flottant dans un espace intemporel, devait grimper jusqu’à 90 720 €. La toile (91 80 cm), issue d’une collection privée et peinte à l’acrylique en 1991,
est caractéristique des dernières productions du pape de l’art optique, avec son cube aux surfaces mouvantes dégageant une énergie intense… On retrouve cette dernière dans les compositions de son contemporain Georges Mathieu, mais sous forme d’explosions colorées plus libres, symboles même d’une abstraction lyrique parfaitement maîtrisée. On en a un bel exemple avec ces poétiques
Nuits sans fond (11,5 146 cm) – provenant de la collection de Louis Pauwels – qui devaient se poser à 73 080 €. C’est une eau-forte et aquatinte en couleurs qui prenait la suite, toutefois signée par une grande dame de la peinture art déco : Tamara de Lempicka. Sa Femme à la mandoline des environs de 1933, sur japon signé et numéroté 91/100 (65 42 cm), était saisie à 10 710 €. Jacques Monory réalisait en 2000 un Baiser n°25, rien n°4 ; pour cette toile, forcément monochrome au bleu profond (50 50 cm), il fallait compter 2 520 €. Côté sculpture, brillait un torse d’Igor Mitoraj intitulé La Cuirasse (h. 59 cm) ; fondu dans un bronze à patine médaille, d’une édition Artcurial signée et numérotée 12/30, l’artefact attirait 11 970 €. Quant à l’œuvre de Jean-Pierre Cassigneul vue dans la Gazette n° 23 (voir l'article
Les beautés intemporelles de Cassigneul page 131), une Jeune fille aux tresses, l’opérateur n’a pas souhaité communiquer à son sujet. Le dimanche 21 juin a été dévolu aux bijoux vintage de grandes maisons, à l’image d’une bague jonc de Van Cleef & Arpels. En or jaune, elle est centrée d’un godron asymétrique pavé de diamants ronds, disposés entre deux bandeaux, l’un en corail, l’autre en onyx noir. D’un poids brut de 10,5 g, elle changeait de main pour 8 820 €.

Georges Mathieu (1921-2012), Nuits sans fond, huile sur toile signée et titrée sur le châssis, 113,5 x 146 cm. Adjugé : 73 080 €
Georges Mathieu (1921-2012), Nuits sans fond, huile sur toile signée et titrée sur le châssis, 113,5 146 cm.
Adjugé : 73 080 
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