Une marqueterie de pierre à la façon hollandaise

Le 16 septembre 2021, par Philippe Dufour

En Lorraine aussi, le contenu d’une demeure de qualité repartait vers de nouvelles vies… L’occasion de découvrir – entre autres – une rare marqueterie hollandaise, ainsi qu’un buste du XVIIIe siècle fort enlevé.

Dirck Van Rijswijck (1596-1679), panneau en marqueterie de marbre noir, polychrome et nacre teintée, encadrement d’ébène, vers 1650-1660, cartouche en bas à droite avec inscription «Dirck Van Rijswijck invenit et f», 29,8 29,8 cm.
Adjugé : 141 250 

À raison de 1 540 lots, cette dispersion de mobilier, tableaux, sculptures et nombreux objets d’art s’est étalée sur quatre jours, durant lesquels des pièces ont changé de mains pour un montant total de 522 420 €. Une surprise de taille a été réservée aux acheteurs par la présence d’un panneau à la marqueterie de marbre noir et polychrome, enrichie de nacre teintée (29,8 29,8 cm) ; décorée de guirlandes de fleurs, d’une coupe, animée d’un oiseau et d’un singe, la composition précieuse porte dans un cartouche la signature de son auteur : Dirck Van Rijswijck. Cet artiste s’est rendu célèbre à Amsterdam, au milieu du XVIIe siècle, pour ses virtuoses marqueteries de nacre sur support d’ébène ou de marbre noir ; aussi ce bel exemple de sa production devait s’envoler jusqu’à 141 250 €. Un invité de marque est ensuite apparu : le duc Léopold Ier de Lorraine, ou plutôt son effigie attribuée à Jacob-Sigisbert Adam ; il s’agit de fait d’un buste en terre cuite du modèle arborant armure et toison d’or. Signé sous la base «JD», le buste (h. 29,5 cm hors socle) a bien mérité ses 12 874 €. À ses côtés, on détaillait les nombreuses sculptures médiévales qui peuplaient la vénérable demeure (voir l'article Ours et Victor de la Gazette n° 31, page 71) ; parmi elles, une Sainte Marguerite flamande, exécutée à Malines au XVIe siècle, se faisait remarquer par la délicatesse de son exécution. Sculptée dans le noyer, puis polychromée et dorée, posée sur une base en chêne, la figure attirait 6 624 €. Enfin, du côté du mobilier ancien, une paire d’encoignures de forme arbalète d’époque Régence, en vernis européen à décor de chinoiseries sur fond jaune, avec dessus de marbre brèche d’Alep (94 81 59 cm), a recueilli 8 125 €.

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