Collection Bernard De Leye

Le 22 juillet 2021, par Vanessa Schmitz-Grucker

La vente, ponctuée de pièces rarissimes, s’annonçait exceptionnelle. Un événement d’une rare envergure, hélas perturbé par un dramatique phénomène climatique.

Jean-Baptiste-François Chéret, Paris, 1770. Ensemble de toilette en argent doré pour le marquis et la marquise de Montmelas, argent avec dorure bicolore, h. du pichet : 29,5 cm, h. du bassin : 9 cm, l. 36,3 cm, p. 23,5 cm. Poids total : 2,479 g.
Adjugé : 1,1 M€

La dispersion de la collection Bernard De Leye (voir l'article Collection Bernard De Leye : la quête de l’exceptionnel de la Gazette n° 25, page 209 et l'article Une corne légendaire de la collection Bernard De Leye de la Gazette n° 27, page 118) devait être festive, historique, ce jeudi 15 juillet à Cologne, chez Lempertz. Les mains auraient dû se lever avec frénésie, mais les collectionneurs auront été finalement peu nombreux à avoir pu rejoindre une Cologne coupée du monde par les intempéries. Même les enchères à distance sont, si l’on ose dire, tombées à l’eau. La maison est tout de même parvenue à adjuger 128 numéros pour un total de 3 321 050 € dont un des lots majeurs de la vente, cet ensemble de toilette en argent doré pour le marquis et la marquise de Montmelas, probablement commandé par Louis XV en personne pour l’offrir à son ancienne maîtresse. Cette pièce, à la qualité d’exécution exceptionnelle, n’est pas qu’extraordinaire du fait de ses illustres destinataires et commanditaires, elle est aussi une rare rescapée de la Révolution. Son poinçon, J-B-C, pour Jean-Baptiste-François Chéret, se retrouve sur les objets de la plupart des cours royales de l’époque. Parmi les autres lots proposés à la vente qui ont su trouver acquéreur, une croix d’autel en cristal de roche et argent ciselé, probablement de l’Autriche du XVIIe siècle, a été frappée à 137 500 €, bien plus que son estimation basse de 80 000 €. Un autre petit lot aura fait tressaillir le marteau bien plus haut que son estimation de 10 000/12 000 € : 42 500 € pour un haut-relief ovale d’une hauteur de quinze centimètres, attribué à Arent Van Bolten (vers 1600-1610) dont le travail est conservé au Rijksmuseum. L’œuvre en argent, représentant un thème biblique, laisse, en effet, deviner, par sa ciselure expressive, un maître des Pays-Bas du Nord. Une coupe à boire en argent partiellement doré, en forme de cerf, s’arrache à 262 500 € : elle porte les armoiries de la famille Hirschmann, anoblie par l’empereur Rodolphe II en 1606. Quelques objets de prestige se retrouvent malheureusement orphelins : un sablier offert par Sixte V à Ferdinand Ier de Médicis, un bâton de cérémonie de Louis XVI, la commode de Maria Callas et le bassin en argent doré de la marquise de Pompadour.

jeudi 15 juillet 2021 - 12:00 - Live
Lempertz
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