L’univers d’un inspiré

Le 02 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

L’esprit d’Augustin Lesage s’est posé à Drouot, éclairant un bouquet de bleuets de Moïse Kisling.

Augustin Lesage (1876-1954), Composition, 1931, huile sur toile, 63 52 cm.
Adjugé : 46 080 

Un vrai bouquet de printemps, frais et délicat, que ces branches de bleuets semblant négligemment disposées dans un vase en verre par le peintre Moïse Kisling, explorant là une nouvelle fois l’un de ses thèmes favoris (voir l'article Kisling et les bleuets page 50 de la Gazette n° 24). En fait, ce véritable morceau de peinture ne devant rien au hasard a été reconnu d’une enchère de 108 800 €. L’atmosphère était tout autre avec la toile suivante (reproduite ci-contre), exécutée par Augustin Lesage (1876-1954). Cette œuvre aurait sa place sur les cimaises du musée Maillol au sein de l’exposition actuellement en cours – et prolongée jusqu’au 1er novembre –, «Esprit es-tu là ?». Elle révèle en effet les travaux d’une sélection d’artistes spirites du début du XXe siècle, autour de trois figures fondamentales : Fleury Joseph Crépin, Victor Simon et Augustin Lesage. Ce dernier, mineur né dans le nord de la France, entend comme ses confrères une voix lui enjoignant de peindre. Il va alors produire des œuvres étranges et d’une minutie exceptionnelle, à l’instar de cette Composition de 1931 symétriquement pensée autour de la figure centrale de la Vierge – non pas à l’Enfant mais portant dans ses bras l’artiste lui-même – et de centaines de menus motifs finement ouvragés. Une sorte d’édification spirituelle. Redescendons sur terre… Ce n’était pas l’esprit qui frappait finalement, mais le marteau pour l’adjuger à 46 080 €.

Panorama (après-vente)

Vibration de jaunes

Le 02 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Rare il y a peu encore sur le marché parisien, Beauford Delaney (1901-1979) y fait depuis deux ans de fréquentes apparitions. Cette fois, c’était le mardi 23 juin à Drouot chez Delon - Hoebanx (Plaisance Expertise) avec cette huile sur toile de 1960, Sans titre (65 46 cm), composée d’une vibration de jaunes, et portée à 70 400 €. Car, à partir de 1926 et la découverte de la rétrospective Claude Monet aux États-Unis, sans abandonner –dans un premier temps – les portraits et les paysages de sa jeunesse qui l’ont fait connaître, l’artiste s’ouvre à une abstraction marquée par une approche chromatique et lumineuse, qui deviendra, lorsqu’il s’installera en France en 1953, sa seule et unique signature.

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