Le cerf de Pompon et l’agneau...

Le 15 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

La Fontaine n’avait pas imaginé, dans ses fables, la rencontre du roi de la forêt et de l’agneau pascal… Le miracle des enchères l’a fait !

François Pompon (1855-1933), Grand cerf numéro 1, bronze à patine noire, reflets bruns, fonte Ando, 1930, 60 40,2 19,5 cm.
Adjugé : 793 600 

Le seigneur des hôtes de ces bois, c’est lui, ce magistral Grand cerf numéro 1 présenté dans une fonte d’Andro de 1930 – un gage de qualité – et luisant d’une impeccable patine lisse noire aux reflets bruns. Une pièce de belle prestance dominant la situation de ses 60 cm et appartenant, ainsi que le rappelait la Gazette no 12 (voir l'article François Pompon : roi des forêts page 51), aux dernières grandes figures de quadrupèdes du bestiaire de François Pompon. Ses qualités lui ont valu d’emporter en une foulée royale un résultat de 793 600 €, rien de moins qu’un record mondial pour l’attachant et talentueux sculpteur bourguignon (source : Artnet). À ses côtés, l’agneau taillé dans un marbre blanc laiteux sous la Renaissance italiennepar un artiste n’ayant pas jugé bon d’apposer sa signature, et objet du Coup de cœur de la Gazette no 11 (voir l'article Un agneau de la Renaissance à consonance biblique page 22), ne se laissait pas impressionner. Cette œuvre, qui pourrait bien être un unicum, triplait son estimation et bondissait à 89 600 €. Le département des sculptures, décidément de haute volée, voyait encore une statuette du dieu Mars (h. 39,4 cm) en bronze, réalisée dans l’atelier de Jean Bologne (1529-1608), retenir 38 400 €. C’est la peinture qui, une fois n’est pas coutume, jouait les outsiders. Le Jardin du palais d’Été du gouverneur à Alger (54,5 65 cm), une toile exécutée en 1941 par Albert Marquet (1875-1947), éclairait la salle de sa belle lumière méditerranéenne à 115 200 €. Du côté des maîtres anciens, les sujets antiques faisaient la loi. Matthias Stom (vers 1600-apr. 1650), dit autrefois le Maître de la Mort de Caton, imaginait Mucius Scævola devant Porsenna (102 118,5 cm), un épisode mettant en scène un jeune patricien et non moins héroïque romain prêt à se sacrifier pour protéger sa jeune République – nous sommes à la fin du VIe siècle av. J.-C. Il était cette fois récompensé de 82 560 €. Quant à La Déploration des anges (115 95 cm) de Nicola Grassi (1682-1750), en ce vendredi saint, elle affichait sa douleur à 96 000 €. L’agneau et la déploration… le temps de Pâques était bien célébré.
 

Italie, époque Renaissance. Agneau sculpté en marbre blanc, h. 42, l. 36,7 cm (base : 30 x 27,2 cm). Adjugé : 89 600 €
Italie, époque Renaissance. Agneau sculpté en marbre blanc, h. 42, l. 36,7 cm (base : 30 27,2 cm).
Adjugé : 89 600 
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