L’orientalisme selon Rochegrosse

Le 08 décembre 2017, par Anne Doridou-Heim

Lorsque Georges Antoine Rochegrosse (1859-1938) débarque en 1894 sur le sol algérien, l’homme est âgé de 35 ans et n’est pas un inconnu sur la scène artistique.

Georges Antoine Rochegrosse (1859-1938), La Promenade de la courtisane, huile sur toile, 116,5 x 149,5 cm.
Adjugé : 24 960 €

Il s’est essayé avec succès à l’illustration pour des affiches de théâtre, à des cartons pour des tapisseries et à l’illustration de livres. C’est d’ailleurs pour rechercher l’inspiration à la suite d’une commande de dessins, pour le Salammbô de Flaubert, qu’il prend la direction du Sud. L’artiste est saisi par la violence des couleurs et par la richesse de la vie locale, mais il faut attendre 1900 pour qu’il ne s’établisse aux environs d’Alger, à El Biar, et ne devienne professeur à l’académie de peinture de la ville – avec son épouse, il passera l’hiver au soleil de l’Afrique du Nord et l’été en France. Auréolé de son prestige parisien, Rochegrosse est admis au sein de l’élite algéroise : il entre dans la commission du musée, dans celle de la Société des artistes orientalistes, préside des jurys et participe à nombre de manifestations artistiques. Il produit une œuvre abondante où se mêlent des vues intimistes de son jardin, des scènes de la vie locale et des compositions mettant en scène des femmes, sans grand souci de réalisme et, surtout, des réminiscences de la peinture du XIXe siècle. La Promenade de la courtisane, ici récompensée de 24 960 €, est une pure évocation d’un orientalisme lascif et luxueux, mais non dénué de poésie…

lundi 27 novembre 2017 - 14:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Gros & Delettrez
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne