Le langage des fleurs selon Bosschaert le Vieux

Le 20 juin 2019, par Anne Doridou-Heim

Avec Bosschaert le Vieux, la nature morte hollandaise de fleurs acquérait ses premières lettres de noblesse ; ces fleurs coupées en attestent un peu plus encore.

Ambrosius Bosschaert le Vieux (1573-1621), Fleurs coupées dans un römer posé sur un entablement sur fond de paysage, huile sur panneau, 29,2 19,4 cm.
Adjugé : 3 307 800 

L’Événement  Bosschaert de la Gazette du 7 juin l’avait suggéré. Mercredi 19 juin, le bouquet de Fleurs coupées dans un römer posé sur un entablement sur fond de paysage est devenu, à 3 307 800 €, la meilleure enchère de ce premier semestre à Drouot. Le petit panneau du maître flamand du genre, Ambrosius Bosschaert le Vieux (1573-1621), emportait également un record français dans ses effluves parfumés (source Artnet). Il devançait la nature morte aux roses, vendue chez Sotheby’s à Londres le 10 juillet 2002 à 2 907 780 €, peinte également sur un fond de paysage, mais s’encadrant dans une fenêtre ogivale. Or, si le corpus de ces œuvres exécutées devant un paysage est restreint, il l’est davantage lorsqu’elles le sont devant un ciel ouvert, ainsi que Fred G. Meijer, historien d’art spécialiste de la nature morte flamande et hollandaise, le rappelait page 17 de la Gazette préalablement mentionnée. Pourquoi Bosschaert a-t-il choisi ce cadrage audacieux ? Le secret demeure bien gardé, mais il donne ainsi à ses bouquets la présence d’une Madone. Bosschaert le Vieux est un pionnier de la peinture de fleurs. Ces tableaux composés ne parlent pas de réalité  les différentes périodes de floraison des espèces représentées en témoignent  mais de beauté et de fugacité. Quelle modernité ! Natif d’Anvers, il se réfugiera vite, pour raisons religieuses, à Middelbourg, une petite cité des Provinces-Unies, où il se perfectionne et s’installe comme peintre, mais aussi, à l’instar de nombre de ses confrères, comme marchand d’art. Son parcours est assez bien référencé et l’on sait que c’est à Utrecht  entre 1616 et 1619  qu’il réalise ses premiers arrangements floraux dans une niche, puis lors des deux dernières années de sa courte vie, à Breda, qu’il est le plus prolifique, exécutant plus du quart de sa production connue. C’est à cette époque également qu’il introduit un nouvel élément posant sa composition : une rivière serpentant. Il serait certainement allé plus loin encore s’il n’était pas décédé, cueilli dans la fleur de l’âge, en réalisant une dernière commande que son beau-frère Balthasar Van der Ast (1594-1657) achèvera. Mais déjà, son apport à l’art hollandais du Siècle d’or est primordial.

 

Les deux huiles sur toile de Giovanni Paolo Panini (1691-1765) étaient vendues ensemble pour 177 240 €. Le sujet de l’une était Sibylle vêtue de blanc
Les deux huiles sur toile de Giovanni Paolo Panini (1691-1765) étaient vendues ensemble pour 177 240 €. Le sujet de l’une était Sibylle vêtue de blanc prêchant près de l’arc de Titus (64,9 49 cm), celui de l’autre, Apôtre en robe jaune prêchant devant une pyramide (64,5 49 cm). Cette paire, datée 1752, n’était donc plus séparée. Appartenant à la vogue des «caprices» que l’artiste sut exploiter à merveille, ces deux peintures mêlent  harmonieusement ruines romaines associées de manière fantaisiste la pyramide de Caïus Cestius, des colonnades du forum  et groupes de personnages vêtus à l’antique.
 
 
 
Une huile sur toile de 1873 d’Eugène Boudin (1824-1898) embarquait à 103 812 € avec les pêcheuses de Kerhor (30,8 x 46,6 cm). Les coiffes blanches des
Une huile sur toile de 1873 d’Eugène Boudin (1824-1898) embarquait à 103 812 € avec les pêcheuses de Kerhor (30,8 46,6 cm). Les coiffes blanches des travailleuses de la mer apportent des touches de lumière dans l’univers pictural gris-bleuté du peintre, là où ciel et mer se rejoignent. Fervent connaisseur des maîtres hollandais du paysage, Boudin cherchait sans cesse à les égaler, voire à les dépasser. C’est ce qu’il confiait à son journal le mardi 3 décembre 1856 : «Les Hollandais arrivaient-ils à cette poésie du nuage que je cherche ? à ces tendresses du ciel qui vont jusqu’à l’admiration, jusqu’à l’adoration 
 
107 610 € s’affichaient pour cette création de Cartier des années 1930. D’une hauteur d’environ 12 cm, d’un poids brut de 35,10 g, cette broche cravat
107 610 € s’affichaient pour cette création de Cartier des années 1930. D’une hauteur d’environ 12 cm, d’un poids brut de 35,10 g, cette broche cravate en platine à décor géométrique, agrafée d’un motif en forme de flèche et entièrement sertie de diamants taillés à l’ancienne, et en coussin pour les quatre plus importants d’entre eux, concentrait tous les regards. Elle illustrait le raffinement de l’art joaillier de l’entre-deux-guerres. Le même succès récompensait d’autres créations de la maison : 75 962 € pour une broche art déco ornée d’une importante aigue-marine, 68 366 € pour un bracelet souple articulé d’un délicat semis de citrines piriformes et 56 972 € pour un bracelet pivotant, dit «égyptien», en or blanc et argent.
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