Valtat, le virtuose de la couleur

Le 16 septembre 2021, par Philippe Dufour

Le peintre, célèbre pour ses paysages aux tons éclatants, était fêté à travers deux de ses œuvres — emblématiques de son travail sur la forme et la fragmentation de la touche.

Louis Valtat (1869-1952), Anémones, huile sur toile signée, 38 46 cm.
Adjugé : 73 139 

Annoncée dans la Gazette n° 30 (voir l'article Louis Valtat en pleine nature page 54), la vente de deux toiles de Louis Valtat, issues de la même collection, a créé l’événement en dépassant très largement les estimations hautes. Ainsi, sur la première marche du podium avec un score de 73 139 €, une nature morte à la palette flamboyante prenait pour prétexte un opulent bouquet d’Anémones. Le tableau (38 46 cm) s’inscrit dans la série des représentations florales qui rappellent son appartenance dans sa jeunesse au mouvement nabi. L’innovation affichée par leurs cadrages et couleurs audacieuses témoigne aussi de la parenté évidente de ces compositions avec celles des Fauves, dont on peut dire qu’il est l’un des précurseurs. Quant au sujet même, la modeste fleur semble avoir toujours eu la préférence de l’artiste, au vu des nombreuses toiles de sa main qui les mettent en scène dans l’entre-deux-guerres. Un paysage prenait la relève : le Champ de coquelicots (66 82 cm, reproduit dans l’article cité), vibrant de multiples touches cherchant à restituer la houle des blés agitée par le vent… Pour cette vision éminemment vivante – et passée entre les mains du marchand Lucien Lefèvre-Foinet, comme l’atteste une étiquette au dos –, deux connaisseurs ont dû ferrailler jusqu’à 45 712 €. 

samedi 11 septembre 2021 - 14:00 - Catalogue
Nabecor Enchères
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