Résultats bien construits pour Zao Wou-ki

Le 23 juin 2017, par Anne Doridou-Heim
Zao Wou-ki (1920-2013), 12.05.83, huile sur toile, 130 x 162 cm.
Adjugé : 1 912 439 €

Ainsi que la Gazette vous l’avait amplement relaté dans deux de ses récents numéros (Voir l'article L’art de Zao Wou-ki, une méditation visuelle de la couverture n° 22 du 2 juin et l'article La face cachée d’un grand architecte, Roger Taillibert du focus pages 60 à 63 du n° 23 de la semaine suivante), Zao Wou-ki (1920-2013) était particulièrement à l’honneur à Drouot dans la vacation d’Auction Art. Trois de ses peintures y étaient accrochées et ont enregistré un résultat total de 5 037 439 €. La première sur le podium, titrée 12.05.83 (reproduite ci-dessus), irradiait de sa matière lumineuse jusqu’à 1 912 439 €. Elle invitait à un voyage dans la profondeur de son chromatisme, une promenade dans les montagnes de la Chine et le long de ses cours d’eau, sources inépuisables d’inspiration pour le peintre. Les deux suivantes provenaient de la collection de Roger Taillibert (né en 1926), l’architecte du Parc des Princes, du stade olympique de Montréal ou encore de la piscine de Deauville, des constructions qui lui vaudront une réputation internationale. De ses longues années d’amitié et de discussion avec celui qu’il définit comme un «poète de la surface et de la couleur», il conservait deux grandes œuvres acquises directement auprès du maître : 30.10.64 - 11.04.78 (détail reproduit page de droite), bardée d’étiquettes d’expositions dans les plus grands musées du monde, recevait 1 625 000 €, et 10.12.90, d’un bleu incandescent en mouvement, 1 500 000 €. Les deux premières étaient acquises par le même collectionneur hongkongais, la troisième l’étant par un acheteur français. Toutes évoquaient le don de maîtrise de l’artiste, pétri de culture chinoise dans l’amplitude du geste et le choix des thèmes, et rompu à la peinture à l’huile, technique purement occidentale. Cette vente était aussi l’occasion de découvrir le talent de Roger Taillibert pour la peinture. Un loisir qui lui offrait la possibilité de mettre à plat les termes de son métier «quand je peins, c’est aussi de l’architecture» , d’exprimer son admiration pour le jeu des couleurs et la gestuelle de Zao et de s’inscrire dans la suite du mouvement de l’abstraction lyrique d’Olivier Debré, un artiste originaire comme lui des bords de Loire… Trois de ses œuvres, dont une Composition bleue et rouge au détail reproduit page 60 de la Gazette n° 23, s’échangeaient entre 6 000 et 8 750 €. Des adjudications qui lui permettent de rejoindre ses amis peintres sur le marché de l’art.

Zao Wou-ki (1920-2013), 30.10.64 - 11.04.78, huile sur toile, 114 x 162 cm.Adjugé : 1 625 000 €
Zao Wou-ki (1920-2013), 30.10.64 - 11.04.78, huile sur toile, 114 x 162 cm.
Adjugé : 1 625 000 €
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