César : belle de mai en juin

Le 25 juin 2020, par Anne Doridou-Heim

César, Jacquet et Jouve, tel est le tiercé original et gagnant de cette vacation.

César Baldaccini, dit César (1921-1998), Nu de la belle de mai, d’après le modèle en fer de 1957, bronze à patine naturelle, fonte Bocquel, h. 97 cm.
© SBJ / Adagp, Paris 2020
Adjugé : 57 500 

L’ordre était un peu chamboulé. La belle Gabrielle d’Estrées transportée dans les années pop par le transgressif Alain Jacquet (1939-2008) installait sa plastique à la troisième marche du podium de cette vente d’art contemporain, alors que la Gazette n°23 du 12 juin (voir l'article Alain Jacquet : télescopages page 45) l’avait placée en deuxième position : 37 500 € pour cette maîtresse officielle ayant su retenir le vert Henri IV ! C’est un grand fusain de Paul Jouve (1878-1973) qui lui volait la préférence à 43 750 €. Ces Deux tigres marchant (49 99,5 cm), dessinés vers 1925, avançaient d’un pas décidé qu’il valait mieux ne pas chercher à contrer… La première marche était occupée par un bronze de César (1921-1998). Cet exemplaire du Nu de la belle de mai a été fondu en 1980, d'après le modèle produit en fer et en 1957. Il s’agit d’une icône du sculpteur, reproduite dans de nombreux ouvrages et ici présentée dans la version en 97 cm – elle existe également en 30, 67 et 150 cm. une sorte d’évocation de sa jeunesse buissonnière dans le quartier de la Belle-de-Mai à Marseille. Le modèle appartient à cette décennie de 1950, lorsque César entre dans l’âge du fer en imaginant des sculptures modernes mais toujours inscrites dans une grande tradition technique. Il est alors surnommé le «Benvenuto Cellini de la ferraille». Sacrée référence !
 

 
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