De Romeda au vosne-romanée, un marathon cannois

Le 05 septembre 2019, par Philippe Dufour

Trois jours de vacations d’exception ont marqué les 30 ans de la maison Cannes Besch Auction, émaillés de scores balayant plusieurs spécialités.

Attribué à Ivan Mestrovic (1883-1962), La Femme à la harpe, panneau sculpté en haut relief, 170 55 cm.
Adjugé : 50 200 

Des vins prestigieux ouvraient ce bal anniversaire le mercredi 14 août, entraînés par une bouteille du très recherché musigny, du domaine Leroy, portant le millésime 2005, achetée 28 250 €. Les grands crus bourguignons étaient aussi représentés par deux bouteilles de vosne-romanée cros-parantoux d’Henri Jayer, année 1993, parties à 34 100 €. Du côté des bordeaux se faisaient remarquer une caisse de douze margaux millésimés 1990 – ouverte en échange de 11 532 € – ou encore un petrus de 1989, vendu 4 090 €. Le jeudi 15, place à l’art moderne et contemporain, qui enregistrait d’excellents résultats à l’image des 100 400 € remportés par un bronze à patine verte de Cercle, une sculpture de Bruno Romeda, de 2009. Dans ce même chapitre, on admirait aussi un panneau attribué au Croate Ivan Mestrovic (voir l'article La petite musique d’Ivan Mestrovic de la Gazette n° 28, page 36), intitulé La Femme à la harpe, apprécié pour 50 200 €. Quant à la Main de Roman – bronze de 1993 signé par François-Xavier et Claude Lalanne et numéroté EA3/4 –, elle était saisie à 35 140 €. Du côté des maîtres de la peinture, Eugène Boudin s’illustrait par les 56 475 € inscrits sur sa toile intitulée Bordeaux, le port vers 1874-1876 (répertoriée dans le catalogue raisonné de Robert Schmit sous le numéro 1010). Une deuxième œuvre de Boudin, La Rivière du Faon en Bretagne de 1872 voguait, elle, à 43 925 €. De romantiques Baigneuses évoquaient l’art vaporeux d’Henri Fantin-Latour, et il fallait débourser 37 650 € pour les détailler. Paul Signac était ausi de la fête avec une aquarelle représentant Gênes, la lanterna, 1908, décrochée à 41 415 €. D’Extrême-Orient provenaient ensuite deux boîtes chinoises d’époque Qianlong (1736-1795) : la première, adoptant la forme d’un lingot, était en en laque de trois couleurs (rouge, vert et jaune) et la seconde, un profil quadrilobé  en laque rouge sculptée de deux lettrés. Pour les entrouvrir, il fallait avoir prévu respectivement 42 040 et 23 215 €.

D’un dessin opulent et particulièrement réussi, ce flacon Bouchon Cassis (h. 11 cm), à corps de forme tonneau et petit col, a été imaginé par René Lal
D’un dessin opulent et particulièrement réussi, ce flacon Bouchon Cassis (h. 11 cm), à corps de forme tonneau et petit col, a été imaginé par René Lalique (1860-1945). Il s’agit d’un modèle rare, créé autour de 1920, qui ne pouvait que décrocher ces 40 150 €. Il est ici dans sa version rouge et orangé, mais il existe aussi dans trois autres teintes : noir, bleu et ambré. On le retrouvera sous les références 234 et 235 dans l’ouvrage de Christie Mayer Lefkowith, L’Art de René Lalique, flacons et boîtes à poudre (éditions Stylissimo, 2010).
Raoul Dufy (1877-1953) a signé cette gouache et aquarelle nommée Arlequin à la lyre (64 x 48 cm), vers 1942. Elle décrochait ici 50 200 €, justifiés p
Raoul Dufy (1877-1953) a signé cette gouache et aquarelle nommée Arlequin à la lyre (64 48 cm), vers 1942. Elle décrochait ici 50 200 €, justifiés par l’attitude élégante du personnage de la commedia dell’arte, posant devant un panorama de Venise, et la délicatesse de la palette. L’œuvre est dûment répertoriée par Fanny Guillon-Laffaille, dans Raoul Dufy, catalogue raisonné des aquarelles, gouaches et pastels, tome II (éditions Louis Carré & Cie, 1982).

Le sculpteur italien Bruno Romeda (1933-2017) a vu le jour à Brescia. Son art repose sur l’assemblage de branchages, baguettes ou brindilles, pour for
Le sculpteur italien Bruno Romeda (1933-2017) a vu le jour à Brescia. Son art repose sur l’assemblage de branchages, baguettes ou brindilles, pour former des volumes géométriques coulés dans le bronze. Celui-ci, réalisé en 2009, signé et daté, est à patine verte et s’intitule Cercle (diam. 200 cm, h. 216 cm). L’œuvre a été acquise par son dernier propriétaire directement auprès de l’artiste, en 2015. Estimée entre 19 000 et 22 000 €, la pièce s’est envolée à 100 400 €.
62 750 € : c’était la somme à prévoir pour acquérir une peinture d’Édouard Vuillard (1868-1940), mettant en scène des Anémones. Réalisée à la colle su
62 750 € : c’était la somme à prévoir pour acquérir une peinture d’Édouard Vuillard (1868-1940), mettant en scène des Anémones. Réalisée à la colle sur un carton fixé sur panneau parqueté (56,8 57,2 cm), elle est signée et datée «07». Une nature morte célèbre, car exposée à de nombreuses reprises, en particulier au Metropolitan Museum de New York en 1949, 1968 et 1990. Elle est référencée dans l’ouvrage d’Antoine Salomon et Guy Cogeval, Le Regard innombrable, catalogue critique des peintures et pastels (Milan, 2003).
jeudi 15 août 2019 - 14:30 - Live
Grand Hyatt Cannes Hôtel Martinez, 73, La Croisette 06400 Cannes
Besch Cannes Auction
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