Des victoires pour les peintres de la Bretagne

Le 15 décembre 2017, par Philippe Dufour

Paul Gauguin, Émile Bernard, Paul Sérusier ou encore Henry Moret… Les plus grands étaient au rendez-vous de la vacation brestoise du samedi 9 décembre.

Henry Moret (1856-1913), Port-Domois : Belle-Ile en Mer, huile sur toile, 60 x 73 cm.
Adjugé : 128 100 €

Et les résultats enregistrés s’avéraient à la hauteur de ces noms, chers aux amoureux de l’école de Pont-Aven. À commencer par Bernard et ses Trois Bretonnes en coiffe de veuve peintes en 1888 (voir Gazette n° 42, page 218). L’œuvre triplait largement son estimation maximale en se hissant à 286 700 €, un chiffre conséquent, auquel n’est pas étranger le parcours de la toile, provenant du fils de Maurice Denis, Dominique, via sa descendance. La deuxième place revenait à une autre célébrité : Henry Moret, dont la cote ne faiblit pas (voir Art Analytics, Gazette n° 42 page 28). les 128 100 € étaient ainsi alloués à une vue de Port-Domois : Belle-Ile. D’une facture encore impressionniste qui mettait particulièrement en valeur les teintes roses et orangées des falaises, la toile portait au dos une précieuse référence du marchand Paul Durand-Ruel. Du même, un paysage très bleuté de Goulphar, Belle-Ile emportait l’enchère de 103 700 €, précédant les 64 660 € offerts en échange d’une Côte rocheuse. Place ensuite à un monstre sacré : Paul Gauguin, avec une production de jeunesse datée de 1874, la Clairière II ; d’une facture presque romantique, elle nécessitait 102 480 €. Un autre Paul, Sérusier, enregistrait aussi quelques beaux résultats : 109 800 € pour le Veau d’or, une huile de 1910, talonnée par un Portrait de jeune Bretonne à la coiffe de 1926, décroché pour 107 360 €, ou encore par le Chemin rose de 1920, à 89 060 €. Quant à la sensible scène nocturne, au clair de lune, de Ferdinand Loyen du Puigaudeau, intitulée Le Pouldu le feu sur la plage, elle suscitait un achat à 39 040 €.

 

Œuvre de jeunesse du futur «sauvage» de l’art, cette huile de Paul Gauguin (1848-1903), datée de 1874, représente une Clairière numérotée
Œuvre de jeunesse du futur «sauvage» de l’art, cette huile de Paul Gauguin (1848-1903), datée de 1874, représente une Clairière numérotée «II» (38 x 46 cm) . Elle est une variante très proche de la Clairière du musée des beaux-arts d’Orléans, que l’on a pu admirer jusqu’en mars dernier à l’exposition de l’atelier Grognard, à Rueil-Malmaison, consacrée à «Peindre la banlieue». Exécutée en 1873, cette dernière présente la même composition. À Brest, la version II était adjugée 102 480 €.
Ferdinand Loyen du Puigaudeau (1864-1930), breton par sa naissance, s’est abondamment inspiré de sa province natale pour construire une œu
Ferdinand Loyen du Puigaudeau (1864-1930), breton par sa naissance, s’est abondamment inspiré de sa province natale pour construire une œuvre sensible et originale. S’inscrivant dans la manière post-impressionniste, ses paysages à la touche souvent très fragmentée, s’enveloppent d’une atmosphère de mystère, à l’image de la toile nommée Coucher de soleil devant la maison du douanier (54 x 73 cm), datée de 1917 et adjugée 36 600 €. Cette modeste demeure a été déclinée par l’artiste en différentes versions, et sous divers éclairages.
Peinte sans aucun doute après la fête patronale de la paroisse Saint-Joseph le 16 septembre 1888, la scène représente Trois Bretonnes en c
Peinte sans aucun doute après la fête patronale de la paroisse Saint-Joseph le 16 septembre 1888, la scène représente Trois Bretonnes en coiffe de veuve (25 x 31 cm). La toile est traitée dans le remarquable synthétisme qu’Émile Bernard (1868-1941) élaborera de façon assez brève de 1888 à 1895, réduisant le modelé des personnages à quelques aplats de matière, cernés de bleu. Fort célèbre, car exposé à plusieurs reprises comme à Paris à l’Orangerie en 1949, ou à la Tate Gallery de Londres en 1966, ce chef-d’œuvre prenait la tête des meilleurs résultats avec 286 700 €.
Paul Sérusier (1864-1927) trace ici le Portrait d’une jeune Bretonne à la coiffe (90 x 55 cm) en 1926, une huile sur toile qui n’a pas rem
Paul Sérusier (1864-1927) trace ici le Portrait d’une jeune Bretonne à la coiffe (90 x 55 cm) en 1926, une huile sur toile qui n’a pas remporté moins de 107 360 €, doublant largement son estimation maximale. À cette époque, Sérusier vit et travaille principalement dans sa maison de Châteauneuf-du-Faou dans le Finistère ; il poursuit ses recherches autour d’images aux couleurs et aux formes simples, d’une allure presque médiévale ce qui l’oriente aussi vers des cycles décoratifs. Une tendance qu’illustre parfaitement cette paysanne juvénile, à la pose sage sur un fond de paysage printanier.
samedi 09 décembre 2017 - 14:30 - Catalogue
Thierry - Lannon & Associés
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