Baudelaire, strophe inédite

Le 28 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Voilà une succession comme on les aime à Drouot, discrète mais historiée et qui ne passait pas inaperçue…

Charles Baudelaire (1821-1867), Les Fleurs du mal, Paris, 1857, édition originale in-12, premier tirage, reliure d’époque de percaline vert lierre, envoi à Gaston de Saint-Valry.
Adjugé : 110 407 

Treize numéros seulement était un chiffre visiblement porte-bonheur pour des lots qui ne pouvaient qu’attiser l’intérêt des amateurs. Outre l’édition originale des Fleurs du mal (reproduite ci-contre) enrichie d’une strophe manuscrite tout à fait inédite (voir l'article Fleurs du mal de la Gazette no 39 du 15 novembre, page 56), très justement cueillie à 110 407 €, cette succession comportait quelques dessins et tableaux provenant en ligne directe du poète et journaliste Alfred Busquet (1820-1883), proche des milieux littéraire et artistique et ami intime de Victor Hugo. Du géant des lettres, il possédait justement un lavis d’encre, daté 1857 et réalisé à Guernesey représentant le port (8,5 11,5 cm - 32 032 €). Sa curiosité ne s’arrêtait pas là puisque deux œuvres d’Eugène Delacroix (1798-1863) en faisaient également partie : tandis qu’une Étude de cours d’eau peinte à l’huile sur toile et adjugée au sieur Busquet lors de la vente de l’atelier de l’artiste (17-19 février 1864 à Drouot), inscrite dans le catalogue raisonné d’Alfred Robaut (1830-1909) sous le no 1803, suivait son cours vers 91 520 €, un Portrait de jeune Maure exécuté au crayon et à l’estompe, probablement acquis lors de la même vente car en portant le cachet, s’envolait à 200 200 €. Si le vêtement est à peine esquissé, le visage empreint de mélancolie est parfaitement traduit. Se classant parmi les très belles feuilles rapportées par Delacroix de son voyage au Maroc, il était logique qu’il retrouve la lumière.

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