Gazette Drouot logo print

La puissance de Soulages en deux œuvres

Publié le , par Philippe Dufour

Non loin de Rodez, sa patrie natale et lieu de son musée, le maître des outrenoirs était fêté à travers deux compositions, d’époque et de technique différentes.

La puissance de Soulages en deux œuvres
Pierre Soulages (né en 1919), Abstraction, 1966, encre sur papier marouflé sur toile, signé en bas à gauche, 64 51 cm.
Adjugé : 260 820 

L’hommage toulousain au peintre, bientôt centenaire (le 24 décembre prochain, précisément), commençait par la présentation d’une impressionnante encre sur papier marouflé sur toile, nommée Abstraction et datant de 1966 (voir l'article Soulages, un anniversaire dignement fêté de la Gazette n° 41, page 195). La grande rigueur de la composition, presque totalement recouverte de noir (64 51 cm), attisait les désirs de certains, prêts à débourser 260 820 €, soit plus de deux fois l’estimation maximale. Il faut dire que pour combler l’acquéreur, on avançait une information, celle de l’origine de la pièce, achetée à la galerie Zerbib de Paris, entre 1958 et 1962. À sa suite, une eau-forte portait le titre Composition dorée et noire ; il s’agit d’une épreuve d’artiste, signée et datée 1993. Une dédicace y indique également les destinataires «Pour Philippe et Didier, leur ami Pierre 26 juin 2015» (32,5 40 cm). Plus accessible que le précédent, le lot a inscrit ces 25 830 €. Toujours au chapitre du XXe siècle, un tableau de Gérard Sekoto mettait en scène des Africaines. Cette huile sur toile, signée en bas à droite et datée 73 (55 33 cm), rappelle le travail de cet artiste, né en Afrique du Sud en 1913, considéré comme l’un des premiers peintres noirs du XXe siècle. Sa toile était ici appréciée à hauteur de 13 860 €. Beaucoup plus traditionnelle s’affirmait la toile suivante : une Scène d’intérieur (36,5 46 cm), peinte au début du XIXe siècle, par Jean-Baptiste Mallet. Celui-ci, excellent chroniqueur de la vie privée de la fin de l’époque de Louis XVI à la Restauration, a été aussi un adepte des sujets du genre «troubadour» ; notre composition rappelle plutôt la peinture hollandaise, et à ce titre remportait 9 828 €. Du côté des objets hors du commun, se détachaient, avec 9 072 €, un crucifix composé d’une croix en cristal de roche en partie du XVe siècle, un Christ en bronze du XVIe siècle et un pied du XVIIIe siècle.

Gazette Drouot
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne
Gazette Drouot