Une fuite réussie attribué à François Perrier

Le 11 février 2021, par Anne Doridou-Heim

Alors qu’elle lui était seulement attribuée, cette peinture a atteint un prix conséquent qui la rapproche un peu plus encore de François Perrier. 

Attribué à François Perrier (1590-1650),  La Fuite de Troie, huile sur toile, 127 99 cm.
Adjugé : 60 160 

Le parcours de François Perrier est bien documenté, surtout à partir de son retour de Rome en 1630. Il a retenu la leçon des Bolonais et appris de la copie des chefs-d’œuvre de l’Antiquité, pas assez semble-t-il, puisqu’il repart pour y séjourner dix ans, avant de définitivement regagner Paris en 1645. Son art séduit, et Simon Vouet, alors en pleine gloire, le prend à son service. Il participe au décor du cabinet de l’Amour à l’hôtel Lambert et peint son chef-d’œuvre, la voûte de la galerie de l’hôtel de la Vrillière (actuel siège de la Banque de France). Au réalisme de ses premières années il ajoute la clarté des tons et une émotion palpable. Il apparaît comme un artiste typiquement baroque, avec un goût pour les effets dramatiques. Peut-être cette Fuite de Troie qui lui a été attribuée apportera-t-elle une nouvelle pierre à son corpus ; elle a reçu en effet 60 160 €. Vers 1646, Perrier peint la rencontre entre Énée et la Sibylle de Cumes, la toile appartenant aux collections du Musée national de Varsovie. Le musée du Louvre possède un grand Énée et ses compagnons combattant les Harpies, une œuvre magistrale. Or, ici, c’est bien le héros troyen portant son vieux père, Anchise, accompagné de son épouse Créuse et de son jeune fils Ascagne, qui quitte la cité en proie aux flammes. Il semble donc que cette figure mythologique – et fondatrice de la cité romaine – l’ait inspiré…

Panorama (après-vente)

Le grand Turenne par Juste d’Egmont ?

Le 11 février 2021, par Anne Doridou-Heim

L’artiste d’origine flamande Juste d’Egmont a exécuté cette toile représentant peut-être le grand Turenne.

Reconnaissable à ses cheveux longs au naturel, sa barbiche taillée en pointe et à sa moustache, ce Portrait d’un chef de guerre (119 89,5 cm) est probablement celui de Turenne (1611-1675), vaillant soldat et vulnérable homme de cœur qui, par amour pour la duchesse de Longueville, sœur du Grand Condé, retourne les armes contre son roi. Il en obtiendra cependant le pardon et combattra les frondeurs avec la plus grande vigueur, avant d’en retirer honneurs et gloire. La toile, peinte par l’artiste d’origine flamande Juste d’Egmont (1601-1674), gagnait la bataille des enchères et emportait 30 720 € le vendredi 5 février à Drouot sous le marteau de Crait+Müller (M. Millet).

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