En flânant sur les boulevards, avec Raffaëlli et Smith

Le 10 juin 2021, par Philippe Dufour

Visions de la ville festive ou laborieuse, ces peintures fin de siècle se sont taillé la part du lion, tandis qu’un ours de Guyot séduisait les amoureux de la sculpture animalière. 

Jean-François Raffaëlli (1850-1924), Boulevard animé au printemps, Paris, huile sur toile signée, 64,5 81 cm.
Adjugé : 147 600 

147 600 € : c’est la somme notable que la toile de Jean-François Raffaëlli a remporté à l’issue d’une rixe d’enchères internationale. Boulevard animé au printemps, Paris (64,5 81 cm), la toile phare de la vente (voir l'article Paris s’exporte outre-Atlantique de la Gazette n° 21, page 127), présentait un pedigree irréprochable, provenant de la collection d’Alfred Reginald Allen, célèbre neurochirurgien de Pennsylvanie, qui a sans aucun doute acquis cette œuvre auprès de l’artiste, lors d’une exposition aux États-Unis en 1895. Pour cette période industrielle, une vision plus austère s’est aussi fait remarquer par son atmosphère si particulière : la peinture inédite du Bordelais Alfred Smith représentant Le Cours des Fossés à Bordeaux, datée de 1885 (32 41 cm), qui avait été acquise par le grand-père de l’actuel propriétaire à Paris vers 1890 (6 150 €). Touchante, la scène de genre signée Jean-Jules-Henry Geoffroy, dit Géo Geoffroy – l’un des meilleurs représentants du courant naturaliste –, faisait dialoguer une Jeune fille et son chien dans une toile (150 100 cm) qui raflait le beau résultat de 24 600 €. Les maîtres anciens n’étaient pas en reste : on commençait avec une toile en grisaille (43 48,5 cm) attribuée à Georges Lallemant, évoquant Saint Jean l’Évangéliste et l’empereur Domitien, et l’épisode miraculeux attirait 20 300 €. Quant à la paire de tableaux attribuée à Michele Marieschi, Caprice avec ruines près d’un pont et Caprice au bord d’un lac (73,5 113,5 cm), elle valait bien ces 22 150 €. Cependant, la sculpture animalière de la première moitié du XXe siècle trouvait aussi une expression achevée, à travers L’Ours polaire debout de Georges-Lucien Guyot, un modèle des environs de 1929, et exemplaire n° 6/7 (une épreuve identique a été présentée au Salon des indépendants, à Paris, la même année). Pour ce bronze à patine brun-noir nuancé, fonte à la cire perdue, signée et numérotée, portant le cachet « Susse Frs Cire perdue » (46 21 22,3 cm), il fallait offrir 44 300 €.

Georges-Lucien Guyot (1885-1973), Ours polaire debout, vers 1929, exemplaire n° 6/7, épreuve en  bronze à patine brun-noir nuancé, fonte à
Georges-Lucien Guyot (1885-1973), Ours polaire debout, vers 1929, exemplaire n° 6/7, épreuve en  bronze à patine brun-noir nuancé, fonte à la cire perdue, édition ancienne signée et numérotée sur la  terrasse, cachet Susse Fondeurs à la cire perdue, 46 21 22,3 cm.
Adjugé : 44 300 
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