Aux sources de la Renaissance française

Le 27 juin 2019, par Philippe Dufour

Une belle redécouverte pour l’œuvre du Français Nicolas Cordonnier, peintre champenois du début du XVIe siècle.

Nicolas Cordonnier, dit «Maître de la légende de la Santa Casa», actif à Troyes de 1497 à 1531, La Prédication de saint Vincent Ferrier, vers 1515-1520, annoté sur la base de la tribune «S. Vincius», 87,5 91 cm.
Adjugé : 94 095 

Bien que repérée depuis longtemps par les spécialistes, l’œuvre avait à nouveau disparu… jusqu’à ce que ses derniers propriétaires, habitant la région paloise, décident de la mettre en vente (voir l'article Nicolas Cordonnier : une redécouverte inespérée Gazette n° 23, page 38). Très convoitée, l’huile sur panneau représentant La Prédiction de saint Vincent Ferrier, peinte vers 1515-1520, se retrouvait au centre d’une rixe d’enchères, close par un coup de marteau à 94 095 €, à partir d’une estimation maximale de 15 000 €. Signalons à ce sujet, qu’en raison de la rareté de ses productions, ce peintre, appelé aussi «Maître de la légende de la Santa Casa», n’aurait jamais eu les honneurs du feu des enchères (source Artnet). Champenois, il travailla surtout à Troyes, mais fut influencé par des peintres provençaux, tel Josse Lieferinxe, un Flamand actif à Avignon et Marseille. Cordonnier, délaissant les canons de la fin du style gothique, introduit dans ses compositions des éléments renaissants, tant dans le rapport des différents plans, que dans le coloris. Ici, une phrase de la prédication du saint – assez houleuse en raison d’une partie contestataire de l’auditoire – est indiquée dans un phylactère : «Timete Oev evia Venit Hora Ivoich Eivs». En haut à gauche, dans une mandorle dorée entourée de nuées célestes, apparaît le Christ. Au revers, sont peintes en grisaille deux figures religieuses, l’une de saint François et l’autre d’un saint évêque. Flamand également, car né à Malines, Hans Bol, s’est quant à lui illustré par ses talents de graveur, cartonnier, et surtout de paysagiste, usant pour ce faire de la peinture ou du dessin. Relevant de ce médium, un paysage à la plume, encre brune et lavis gris, signé et daté «Hbol 1588». L’œuvre, qui décrit de manière assez traditionnelle un panorama avec un manoir situé près d’une rivière, avec une ville en fond, trouvait preneur pour 24 180 €.

Panorama (après-vente)

Paysage par Bol

Le Flamand Hans Bol (1534-1593) s’affirme comme un artiste très doué, tour à tour peintre, dessinateur, graveur. Il devient maître à la guilde de Saint-Luc, à Malines, sa ville natale, en 1560, et se rend célèbre pour ses séries de «Quatre saisons». Ce Paysage à la plume, encre brune et lavis gris, porte sa signature et la date «1588» ; il réapparaissait à Pau, le samedi 22 juin, chez Carrère & Laborie OVV (M. Dubois) attirant ces 24 180 €. Précisons qu’il provenait de la collection du prince Vladimir Argutinskij-Dolgorukov (1874-1941), dont il portait le cachet en bas à droite.

samedi 22 juin 2019 - 14:30 -
3, allée Catherine-de-Bourbon 64000 Pau
Carrère & Laborie
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