Du XVIIIe siècle à l’Empire

Le 17 octobre 2019, par Sophie Reyssat

Pleins feux sur un bureau plat Louis XV et des vases Empire en marbre du Languedoc.

Époque Louis XV, bureau plat en bois noirci à décor de vernis européen polychrome d’oiseaux branchés sur fond noir, trois tiroirs en ceinture, bronzes ciselés et dorés, poinçon au «C» couronné, 78 112 64 cm (usures, restaurations, accidents et manques).
Adjugé : 102 500 

Le marbre du Languedoc choisi pour la paire de vases reproduite a suscité l’intérêt, en raison de son caractère inusité. Connu depuis l’Antiquité, très apprécié pour la beauté de sa gamme de rouges veinés de blanc et de gris, il a en effet été essentiellement employé en architecture, des parements aux colonnes en passant par les cheminées, pour le mobilier et la marqueterie. L’intérêt que lui a porté Louis XIV en a fait un matériau prestigieux digne de Versailles, qui parviendra même à s’exporter en Italie, patrie du marbre par excellence. On le retrouve ainsi jusque sur certains piliers de la basilique Saint-Pierre, à Rome. L’expert Cédric Henon souligne en revanche que l’emploi de cette pierre ornementale pour des vases Empire n’avait encore jamais été signalé. Sa beauté décorative est pourtant un atout, ici mis en valeur par une monture de bronze doré dont il convient d’admirer la finesse de la ciselure. Celle-ci contribuait aussi au succès de ces objets rares, bataillés par quinze téléphones entre l’Europe et les États-Unis. Les autres résultats de cette dispersion mettaient le XVIIIe siècle à l’honneur, le bureau reproduit en tête. Provenant de la même succession, il était dans la famille de son propriétaire depuis plus d’un siècle. Assorti d’une estimation à 3 000 € en raison de l’état très dégradé de son décor laqué, il était hautement salué pour la délicatesse de ses proportions réduites et la qualité de ses bronzes. Ses entrées de serrure sont en effet à rapprocher de bureaux estampillés BVRB et, parfois, Jacques Dubois. Il fallait encore prévoir 53 750 € pour une commode demi-lune d’époque Louis XVI à l’estampille de Joseph Stockel, plaquée de satiné, marquetée de cubes dans des médaillons et dotée d’un marbre de Sarrancolin. Le raffinement du XVIIIe siècle était également évoqué par une paire de toiles signées par Hubert Robert en 1796, La Bascule et Les Femmes à la fontaine, décrochée à 50 000 € (voir l'article Hubert Robert, un rêve d’insouciance de la Gazette n° 34, page 121).

Époque Empire, paire de vases «amphore» en marbre du Languedoc tourné, monture en bronze ciselé et doré appliquée de cygnes aux ailes dépl
Époque Empire, paire de vases «amphore» en marbre du Languedoc tourné, monture en bronze ciselé et doré appliquée de cygnes aux ailes déployées, palmettes, masques et frises (manque une frise sur une anse), 42,5 15 13 cm.
Adjugé : 152 500 
dimanche 13 octobre 2019 - 14:30 - Live
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Le Floc'h