Madame Élisabeth dans ses meubles aux Tuileries

Le 22 avril 2021, par Philippe Dufour

Une bergère a été la vedette convoitée de cette vente normande, où brillaient aussi les noms d’Oudry et de Thomire, ainsi que de délicates miniatures ottomanes.

Attribué à Jean-Baptiste-Claude Sené (1748-1803), bergère en bois laqué du  mobilier royal de Madame Élisabeth au pavillon de Flore, aux Tuileries, étiquette  d’origine à l’encre, 92,5 68 71 cm.
Adjugé : 72 000 

Étudiée dans la Gazette n° 13 (voir l'article Sené ou l’art du siège à l’époque Louis XVI page 109), cette assise confortable en bois laqué crème porte une étiquette d’origine à l’encre, indiquant sa première propriétaire : Madame Élisabeth, sœur du roi Louis XVI ; le lieu où se trouvait cet élément mobilier y est aussi précisé : le palais des Tuileries. Si la bergère (92,5 68 71 cm) ne porte pas d’estampille, on peut l’attribuer sans hésitation à l’ébéniste Jean-Baptiste-Claude Sené – reçu maître en 1769 –, car il est l’un des fournisseurs attitrés de la princesse, en particulier pour son château de Montreuil. Un faisceau d’indices, donc, qui convergeait vers ce beau résultat de 72 000 € (soit plus de trois fois son estimation haute) inscrit par un collectionneur européen. Exécuté lui aussi au XVIIIe siècle, un dessin à la pierre noire sur papier bleu prenait la deuxième place du palmarès avec 25 200 € ; il faut préciser qu’il est de Jean-Baptiste Oudry, et représente Le Passage du grand parterre de la Faisanderie à la terrasse supérieure (25,7 20,7 cm). Quant aux peintures, elles étaient emmenées par un panneau de Paul Huet, une Corbeille de fleurs (52 68 cm) décrochée à 18 600 €. La suivait à quelques distances un Paysage de neige par Alexandre Altmann, une toile (50 65 cm) adjugée 6 000 €. L’art des miniaturistes orientaux se laissait ensuite détailler grâce à un livre de prières ottoman manuscrit sur papier du XVIIIe siècle, intitulé En’âm-i Serîf. Il  comprend douze sourates du Coran, avec plus de quatre-vingts pages enluminées, dont quarante ornées d’images sacrées (la Mecque, le chapelet du prophète, etc.), qui lui ont valu 19 235 €. Au rayon des arts décoratifs, on retiendra surtout les 12 600 € glanés par une pendule d’époque Empire en bronze doré (51 40 cm) représentant Achille accoudé à une borne, et dont le cadran est signé «Thomire et Cie et Moinet Ainé, Paris».

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