Un piano-forte viennois de l’époque de Mozart

Le 21 juillet 2021, par Philippe Dufour

Voici un rarissime exemplaire de ce type de clavier, car parvenu quasiment intact jusqu’à nous, et signé par l’un des grands facteurs viennois de la fin du XVIIIe siècle.

Piano-forte probablement fait à Vienne par Anton Walter (1752-1826), vers 1784, en forme de clavecin, cerisier massif, filets de bois noirci, chêne, 220 96,7 cm (la caisse).
Adjugé : 137 500 

Le piano-forte, ancêtre du piano, a été mis au point par Johann Andreas Stein (1728-1792) à Augsbourg vers 1770. L’instrument sera amélioré lors de la décennie suivante, en particulier par le facteur autrichien Anton Walter (1752-1826) : celui-ci est véritablement crédité du piano dit «viennois». Il sera d’ailleurs récompensé par sa nomination, en 1790, au titre d’«impérial et royal facteur d’orgues de chambre et d’instruments». Dès 1782, Wolfang Amadeus Mozart avait acheté l’un de ses pianos (aujourd’hui en sa maison natale de Salzbourg) et en faisait l’éloge. Malheureusement, tous les modèles de la première production de Walter qui nous sont parvenus ont été altérés, soit à l’époque, soit plus tard (y compris celui de l’auteur de la Flûte enchantée). Mais toutes les questions techniques non résolues en raison des lacunes sont en passe de l’être grâce à la découverte de notre piano qui, lui, n’a pas été modifié depuis sa création vers 1785. Ainsi est-il toujours muni d’une version primitive de la mécanique viennoise, et de ses kapseln (fourches montées sur les touches dans lesquelles pivotent les marteaux) garnis de feutre. Remarquable, le piano de Walter a donc pris son envol, clôturé par un coup de marteau à 137 500 € – une somme offerte par la fondation Bechstein, qui l’exposera dans son musée à Berlin.

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