Dentelle dieppoise bénie d’ivoire

Le 01 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Un peu en avance sur le calendrier pascal, un bénitier en ivoire de Dieppe affichait sa dévotion.

École dieppoise du XVIIIe siècle, La Déploration du Christ d’après un modèle de Guglielmo Della Porta (1515-1577), bénitier sculpté en bas relief ajouré en ivoire, godet en métal doré, h. 23,5 cm.
Adjugé : 39 370 

À l’abri au sein des murs épais du château fort de Dieppe, ce sont près de deux mille pièces en ivoire qui sont conservées, portant témoignage d’une spécialité liée au passé maritime de la cité. Grâce au commerce du matériau, développé avec la Guinée dès le XVIIe siècle, le port retrouve la prospérité et des ateliers se multiplient, exportant leurs productions bien au-delà des frontières du royaume et fabriquant des objets d’un raffinement souvent inégalé. Râpes à tabac, cadrans solaires, statuettes, portraits en médaillon et pièces de dévotion en sont les fruits. Ainsi de ce bénitier, sculpté en bas relief d’une scène de La Déploration du Christ sur un fond ajouré qui évoque de la dentelle, dont la Gazette n° 11 du 19 mars (voir l'article Un bénitier en ivoire dieppois page 60) évoquait la genèse et que des amateurs se sont disputés avant que l’un ne l’emporte à 39 370 €. Les œuvres étant au XVIIIe siècle rarement signées, il est difficile d’en attribuer la paternité à un atelier, mais ici, la rare qualité d’exécution et les caractéristiques stylistiques permettent de le rapprocher de l’un des meilleurs, celui de Jean-Antoine Belleteste (1731-1811). Une annonce commerciale à son en-tête vantant ses «Crucifix communs & autres Crucifix bien finis, de toutes grandeurs» et une mise en scène théâtrale de la Crucifixion, signée et conservée au musée de Dieppe, confirment son implication dans l’exécution d’objets religieux.

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